20/04/2006
Control Arms...
Pour faire écho à la campagne de Control Arms, regardez la petite vidéo copie conforme d'un télé achat proche de la réalité...
A regarder sans modération !
Romain
10:35 Publié dans Engagement Local | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Solidarité Internationale et Locale
18/04/2006
Gégé à Goma... N°2
le 12 février 2006
Les étudiants pilleurs,
Les deux énergumènes ont escaladé la murette qui encercle le massif fleuri à l’entrée du domaine. Les hôtels chics ont tous ces sortes de ronds-points situés devant la réception, de cet endroit où le portier accueille l’incessante ronde des taxis.
Ils sont debout sur ce promontoire de verdure, le regard inoffensif et la bouille rieuse. Ce sont certainement des étudiants en humanité*, chacun d’eux transportent un classeur mais d’une manière bien curieuse, différente aux autres écoliers. La tranche repose à l’horizontal sur l’avant-bras gauche, les deux faces cartonnés pendantes en direction du sol. A la manière du serveur portant sur son avant bras la serviette blanche, et de l’autre le plateau.
Le spectacle commence. Les deux personnages se positionnent devant un fragile arbuste au feuillage décharné, comme si l’automne venait à s’annoncer. Mais nous sommes dans la petite saison des pluies, la période où les végétaux s’abreuvent et se rechargent avant l’arrivée de la période chaude. Cette maigreur parait incongrue au regard de la riche végétation qui entoure la plante.
Tandis que le bras se cale à hauteur de l’estomac, l’autre main cueille délicatement une feuille de l’arbuste, en cassant la tige à son embase. Ils sourient, amusés aux interrogations que leurs suggèrent nos regards intrigués. Nous sommes assis à la terrasse de l’hôtel, et je comprends dorénavant l’état de délabrement de ce pauvre arbuste.
Les deux compères maintiennent chacun la feuille coupée comme un stylo, la pointe vers le bas, prête à écrire. Et ils écrivent, chacun à leur façon. L’un promène la tige en dessinant des grands huit, d’un geste léger et régulier, d’une plume caressante. Le style du second est plus radical. Il tapote à la manière d’un poinçonneur, imprimant sur la surface une nuée de points, semblable aux gouttelettes d’une fine pluie naissante.
L’encre terminée, ils arrachent un nouveau stylo de l’arbre. Et le travail continue.
- Intriguant, me balance le collègue avec qui je partage le repas.
Comprends-tu quelque chose à ce curieux manège ?
- Pas la moindre idée, lui répondis-je la moue dubitative.
Le serveur nous observe d’un regard amusé. Son visage fait des allers-retours entre les deux scènes.
- Hé papa, peux-tu nous expliquer ce qui se passe sur le massif de fleurs ? Et pourquoi tu laisses ces jeunes piller ainsi l’arbuste ?
- C’est pas des manières surenchérit mon voisin.
- Polé polé*, nous annonce t-il avec ironie. Regardez, vous n’allez pas tarder à comprendre.
Le barman semble savourer son effet d’annonce et cultive avec délectation le suspens. Le dépeçage continue, les feuilles s’égrainent, et les blancs doivent savoir attendre.
Sorties de l’arrière de son pantalon, le premier étudiant tient entre ses doigts plusieurs bandes de papier. D’un geste agile il en saisit une qu’il dépose lentement sur le flanc du classeur du collègue, juste à l’endroit où l’écrivain poinçonnait. Sa main balaye d’un sens, puis d’un autre, jusqu’à frapper avec le plat de la paume l’aller-retour final.
- L’exercice est bientôt fini, ajouta le serveur, vous allez voir.
L’étudiant dorénavant attrape entre le pouce et l’index l’angle inférieur d’une des deux faces cartonnées, puis il laisse basculer le classeur qui reste suspendu dans un mouvement de balancier. L’objet s’immobilise enfin, quelques secondes encore, puis nos deux compères s’observent un instant, satisfaits de leur prestation.
- C’est réussi parait suggérer le premier.
- Affirmatif semble acquiescer le second, en déposant avec précaution le document sur le sol.
Les rôles s’inversent et l’exercice redémarre. Avec autant de délicatesse. La bande papier, je balaye, je frappe. Le balancier, quelques instants. Opération terminée, le test est réussi. Les deux classeurs sont maintenant prêts. Chacun dorénavant possède sur son flanc un papier blanc fraîchement collé.
- C’est l’arbre à colle, reprend le serveur. Une sève blanche et épaisse, comme le lait. Les étudiants en humanité viennent souvent ici avec du matériel d’occasion. Ils recouvrent les anciennes notations inscrites sur la tranche des classeurs avec un morceau de feuille blanche. Ou de couleur, ça dépend de ce qu’ils ont récupéré. Et hop, c’est reparti pour une nouvelle année avec du matériel refait à neuf !
- Une très bonne colle, vraiment, conclut-il d’un sourire satisfait.
* les humanités : équivalent du baccalauréat,
* Polé polé : doucement doucement, tout doux tout doux en langue Swahili.
L’arbre à colle,
GG, Goma.
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16/04/2006
Gégé à Goma... N°1
Après Kien-Vy et Ben, Gérard a rejoint Kivu... et son volcan attirant...
Romain
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Dimanche 15 janvier 2005.
Au ciel du Congo, Partage d'images,
J'ai survolé des paysages dignes de Yann Arthus Bertrand ; les méandres du fleuve Congo parcouraient la forêt tropicale en dessinant des courbes aux formes rêveuses.
Nous avons joué à saute-mouton avec l’équateur en traversant une première fois cette ligne imaginaire, puis à nouveau en redescendant vers le sud après une halte sur les terres natales du défunt Mobutu. Il faisait lourd, très lourd, de cette chaleur moite et ruisselante qui charge le moindre déplacement. J’y ai redécouvert l’odeur caractéristique des corps noirs transpirants, comme une sorte de léger brûlé, un fumé de viande et de bois qui se consume. Pas très poétique comme terme mais c’est une senteur difficile à décrire. Elle m’est réapparue comme au jour de mon premier voyage en Afrique de l’Est. Et aussi cette sensation du temps, indéchiffrable, d’absence de minute, de pesanteur ; des gens qui attendent, qui regardent, ou qui roupillent en équilibre sur une chaise.
A l’ombre d’un grand arbre reposaient 3 fauteuils jaunes en plastique... Le papa nous a servit une boisson rouge sucrée, une sorte de sirop pétillant aux aromates grenadine. Mais il n’y avait que la couleur, et du sucre, rien que du sucre. On appelle souvent papa l’adulte à qui l’on s’adresse pour lui demander un renseignement ou un conseil. Expression aux consonances mi paternelles mi coloniales ; parait-il que c’est une sorte d’habitude teintée de reconnaissance et de respect envers l’autre.
Et puis les méandres sont réapparus de nouveau. Et toujours ces vastes étendues vertes, à l’infini, parfois perforées de taches bleues. De l’eau en abondance.
Et enfin les cotes ; les berges du lac Kivu apparaissent, presque comme une mer. Une étendue bleue parsemée d’îlots de terres aux contours colorées. Nous arrivions sur Goma. L’altitude écrase les montagnes, et ce n’est qu’après l’atterrissage que j’ai découvert ce fameux massif.
"Nous avons la peur" me répondit le chauffeur alors que je lui demandais comment allait la ville.
"Regarde la terre, elle est noire". Et c’est exact, bon dieu qu’elle était noire. Surprenant car nous avions foulé la terre rouge lors de nos deux précédentes escales, comme ce tissu qui recouvrait les pistes d’atterrissage ou cette poussière ocre balayée par les hélices du bi-moteur. Et du ciel ces quelques lignes colorées qui s’enfuyaient de la bourgade pour se frayer un fragile chemin à travers la foret dense. Et qui disparaissaient presque aussitôt, englouties par le manteau tropical.
Mais à Goma la mère nourricière en avait décidée autrement. Elle s’était répandue sur la ville de toute sa force en dégueulant d’infâmes coulées de boue noire à même le sol. Disparition de la couleur, absence d’ocre. L’asphalte nous balançait sur nos sièges dans un mouvement de balancier un peu fou.
"Regarde sur ta gauche, derrière la barrière nuageuse" ajouta t-il, "le volcan est la".
L’éruption du cratère il y a 3 ans avait engloutie une partie de la ville, l’aéroport était scindé en deux sur l’extrémité nord de la piste. Mais la vie s’était réinstallée sur le manteau de lave. Les fondations et les murettes des maisons se teintent dorénavant aux couleurs de la lave. Une sorte de pierre grise et noire, lisse quand elle est taillée dans la masse, alvéolée et impure à sa surface.
"L’avantage quand tu construits sur ces terrains, c’est que tu n’as même pas besoin d’acheter la matière première, il te suffit de tailler dans le sol" nous raconte le chauffeur. On fait avec, on ne peut rien changer. Il faut accepter... Mais la peur ne s’est pas enfuit, elle reste encrée dans les esprits. Il y a trois semaines à peine la terre a de nouveau tremblée mais le volcan n’a pas fumé. Pour les quelques maisons qui ont survécu, le rez-de-chaussée se retrouve dorénavant à mi-niveau en dessous de cette nouvelle route. On a simplement taillé des marches à même la roche ou dégagé une bande de 2 ou 3 mètres devant l’habitation. Et les artisans ont redémarré leurs activités.
Nous continuons notre chemin lorsque enfin la langue rugueuse se termine, plongeant la route dorénavant vers le bitume. Vers l’ancienne vie, le terreau d’avant la catastrophe.
Le voyage nous a mené d’Ouest en Est du Congo, de Kinshasa la capitale vers Goma la ville située dans la province du Kivu, au bord du lac. Quelques centaines de mètres nous sépare du poste de douane Rwandais.
Parlons boulot...
Je suis basé sur Goma, loin de la capitale, et c’est tant mieux. Le log volant s’est finalement posé sur la terre ferme. Adieu la vie de bureau même si je sais qu’ici je devrais assurer qqs présences en réunions, voir d’animer certaines.
Titre oblige, je m’appelle dorénavant Logistician Field Coordinator ; impressionnant n’est-il pas ? Je redémarre notre présence sur le Kivu après des débuts difficiles ici (depuis fin septembre date de notre arrivée, il y a eu le départ du premier log à peine 2 mois après, puis du second suite à un accident de voiture le lendemain de noël). La tache ne sera pas facile au vue des rapports entre les différentes agences ici ; habitude, routine et enjeu de pouvoir. Y a du boulot !
L’avantage est que je serais relativement autonome dans l’organisation de mon emploi du temps, et donc pour les moments d’écriture. Il faut que je résolve en priorité les problèmes de connections e-mail. L’installation devrait se faire en milieu de semaine. Dans l’immédiat je dépends d’une agence ou je dois me rendre tous les matins pour lire ma boite.
Gerard,
Goma
16:00 Publié dans Extraits de Mission...Congo , Extraits de Missions... Afrique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Solidarité Internationale et Locale
14/04/2006
Une situation qui s'enlise...
Pour faire écho aux messages de Nico dans les camps Sahraouis...
Romain
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Mohammed VI ne lâchera pas "un grain de sable" du Sahara.
Terminant une visite de six jours au Sahara occidental, le roi Mohammed VI a invité, samedi 25 mars, les notables sahraouis à s'associer aux consultations qu'il mène à l'heure actuelle sur un projet d'autonomie du Sahara occidental, en vue de le soumettre prochainement aux Nations unies.
Le souverain marocain a relancé le Conseil consultatif pour les affaires du Sahara, créé en 1990 mais tombé en désuétude. Forte de 140 membres, rattachée directement au Palais royal, cette structure voit sa composition totalement renouvelée. Elle comprend désormais des chefs de tribu, des anciens prisonniers politiques et des représentants de la société civile, notamment des femmes.
La relance de ce Conseil illustre la volonté du Maroc de séduire la population sahraouie, avant de mener son offensive diplomatique à l'ONU, dans l'espoir d'offrir une alternative au plan Baker. Celui-ci prévoit un référendum d'autodétermination au terme d'une autonomie de cinq ans.
Lors de son discours, samedi, à El-Ayoun, Mohammed VI a rappelé qu'il ne saurait être question de "lâcher un seul pouce, ni un seul grain de sable" du Sahara. Autrement dit, le projet d'autonomie en cours d'élaboration par Rabat est définitif et n'ouvre pas la voie à l'autodétermination.
Durant sa visite au Sahara occidental, le souverain marocain a inauguré une série de projets de développement d'un montant d'environ 180 millions d'euros, et rencontré la population locale pour tenter de la rallier à sa cause. Il s'est ainsi rendu à deux reprises à Maatallah, faubourg déshérité d'El-Ayoun, considéré comme un bastion du Front Polisario, mouvement indépendantiste sahraoui basé à Tindouf, dans le Sahara algérien. Deux cent seize prisonniers sahraouis ont par ailleurs été graciés à l'occasion de cette visite royale.
Le chef du Polisario, Mohamed Abdelaziz, a réitéré, samedi, sur Al-Jazira, le droit du peuple sahraoui à l'autodétermination. Le même jour, le représentant personnel du président algérien Bouteflika, Abdelaziz Belkhadem, se faisait l'écho de cette revendication.
Florence Beaugé
Article paru dans l'édition du Monde du 28.03.06
09:30 Publié dans Articles dans la Presse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Solidarité Internationale et Locale
12/04/2006
Nico dans les Camps Sahraouis... N°2
mardi 28 février 2006
Bien l'bonjour,
Je t’en dis un peu plus sur les réfugiés et ce qui les a amenés ici ? C’est parti !
En 1975, alors que l’Espagne s’apprêtait à se retirer de sa colonie du Rio de Oro, entre le Maroc et la Mauritanie, Hassan II a envahit le territoire de manière pacifique. En fait, il a déclenché la Marche Verte. Des centaines de milliers de marocains, civils, se sont mis en route vers le sud pour aller s’installer sur les terres que l’Espagne ne voulait plus administrer après la mort de Franco. Derrière les civils, les forces armées n’ont pas tardé à suivre.
Ni les dernières forces espagnoles, ni le Front Polisario qui existait déjà depuis plusieurs années et qui luttait pour obtenir l’indépendance des Sahraouis n’a rien pu faire pour empêcher que ce coup politique et diplomatique diabolique n’aboutisse.
Face au nouvel occupant, des dizaines de milliers de Sahraouis ont préféré venir se réfugier dans l’Algérie voisine qui leur a alors ouvert les bras.
Puis, immédiatement après avoir retrouvé un minimum d’organisation interne, le Polisario, gouvernement en exil de la République Arabe Sahraouis Démocratique, a lancé une contre offensive armée pour reprendre possession des territoires occupés par le Maroc. Pour se défendre, le royaume chérifien a fait ériger un mur de plusieurs milliers de kilomètres du nord au sud le long des frontières orientales et miner ses abords.
Ils ont aussi du lutter contre la Mauritanie qui avait des visées sur ce territoire et qui pensait pouvoir profiter de l’instabilité régionale régnant depuis la débandade de la puissance coloniale. Le Polisario s’est vite débarrassé de la menace mauritanienne. Les maures avaient déjà bien du mal à financer leur survie et l’effort de guerre était insoutenable pour leur économie déjà faible.
Ce n’est qu’en 1991, qu’un accord de cessez le feu est trouvé. Les deux parties s’étant entendues sur l’organisation d’un référendum sur l’autodétermination du Sahara Occidental.
Le problème, c’est que le Maroc n’a mis que quelques mois pour dénoncer ces accords. Depuis, le conflit est larvé. Grâce à l’indifférence de la communauté internationale et de son soutien à peine voilé malgré les atteintes aux droits de l’homme perpétrés dans les territoires libérés le Maroc parvient depuis 15 ans à retarder l’échéance du référendum et la solution à ce conflit.
Pendant ce temps, les réfugiés ne survivent que grâce à la force puiser dans l’espoir qu’un jour leur légitimité et leur dignité en tant que peuple seront reconnues par le monde entier.
Aujourd’hui, la RASD, à force d’efforts diplomatiques, fait partie de l’Union Africaine et a été reconnue par 80 pays. La route vers l’indépendance est encore longue.
Ces réfugiés, répartis dans 4 camps, ou wilayas, comptent aussi pour survivre sur les innombrables aides internationales qui arrivent du monde entier et principalement de l’Espagne qui semble se repentir d’avoir laissé un tel chaos.
Mais on ne peut tout de même pas parler d’assistanat. Tout est bien organisé et géré au plan « national ».
Maintenant, que le décor est planté, tu dois te demander ce que je fais là.
Je suis le chef d’un projet de soutien aux personnes handicapées et aux personnes âgées vulnérables. Pendant près de 3 mois, avec une équipe de 5 personnes, on est allé de tentes en maisons de terre, pour identifier les besoins en matériel orthopédique et hygiénique des personnes dépendant de l’assistance sociale locale.
Aujourd’hui, je suis à Alger, car suite à l’appel d’offre lancé pour l’achat de tout le matériel, on va procéder cette semaine à l’ouverture des plis déposés par des fournisseurs algériens. Dans la foulée, de cette commission on a prévu de signer le contrat et dans trois semaines, juste après la réception du matériel on commencera la distribution dans les camps. Ca devrait nous prendre 6 semaines. Il ne restera alors que le suivi post distribution qui nous permettra de nous assurer que l’aide matérielle répond bien aux besoins identifiés.
Mon contrat se termine le 15 mai et je ne sais pas encore si je souhaite le prolonger.
Mais vu que je n’ai encore pas réussi à tenir ma promesse (et je te jure qu’au début, je croyais en être capable !!!!) de me contenter d’un message synthétique, je vais faire une pause de quelques jours pour te permettre de digérer tout ça et j’essaierai de profiter d’un créneau ou internet n’est pas trop capricieux pour te donner un peu plus de détails sur mon quotidien ici.
Prends soin de toi
Pleins de bises et adtaleur
Nico
15:30 Publié dans Extraits de Missions... Afrique , Extraits de Missions... Algérie | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Solidarité Internationale et Locale
10/04/2006
Sabine en Somalie... N°1
vendredi 27 janvier 2006
Bonjour a tous,
Me voila en Afrique, mais l'aventure africaine a commencé à Paris, en prenant le taxi à l'aéroport.
La conversation avec mon chauffeur avait banalement commencé sur les téléphones portables. Puis elle a dérivé sur l'Afrique. Mon chauffeur était le fils d'une portugaise et d'un français. Il est né en Angola et y a vécu jusqu'à ses huit ans, jusqu'à la guerre. Ils ont ensuite du tout quitter : la maison, le salon de coiffure puisque son père était coiffeur.
Et comme il me parlait de l'Angola, comme les pieds noirs parlent de l'Algérie, j'ai voulu le titiller et lui ai glissé que ce n'était pas les noirs qui l'avaient chassé mais le commerce d'armes. Ce sur quoi il m'a dit : nous les blancs, on avait rien à faire en Angola. Les noirs n'avaient pas besoin de nous. Mon père me disait, là-bas, tu plantes un noyau et 6 mois plus tard, tu n'as pas une pousse, tu récoltes les premiers fruits. Alors avec une terre si riche, vous pensez bien ils n'avaient pas besoin de travailler. Mais les blancs leur ont vendu des armes, comme ça ils font la guerre et on peut mieux les piller de leurs richesses (comme quoi, c est pas la peine de faire science po).
Alors je lui ai demandé s'il ne voulait pas y retourner, juste pour revoir sa terre natale. Mais il m'a dit que c'était trop dangereux. Certains de ses clients s'y rendent et disent que c'est possible d'y aller. Mais il a ajouté : c'est des businessman aux dents longues. Eux ils sont près a tout pour voler ce pays, mais moi c'est pas ça que je veux...
Je lui ai parle de Survie, il m'a embrassé quand on s'est séparé. Et j'ai parlé de Survie à un Congolais également, et j'ai obtenu le même effet. Non vraiment Survie c'est une super assoc. Elle (du moins François Xavier Verschave) est assez connue ici, dans le petit monde de l'humanitaire. Il faut d ailleurs que j'imprime le fascicule sur la francafrique et que je le laisse négligemment traîné.
J'ai commencé le boulot lundi et je pourrais bientôt vous raconter ce qui se passe ici et en Somalie. D'après ce que j'ai compris, en Somalie, il n'y a pas de richesses naturelles, mais c'est la plaque tournante des trafics en tout genre : armes, faux papiers, ...
Bises,
Sabine
15:40 Publié dans Extraits de Missions... Afrique , Extraits de Missions... Somalie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Solidarité Internationale et Locale
08/04/2006
Nico dans les camps Sahrahouis... N°1
mardi 28 février 2006
Bien l'bonjour,
Eh ben non, ce n'est pas parce que je ne savais plus écrire que je suis resté muet ces derniers mois !
Enfin, je sens les vacances approcher ! D’ailleurs je suis à Alger (ça je l’ai déjà dit… pas très fort pour faire court). Des vacances que j’aurais du prendre il y a plusieurs semaines et sans cesse reportées pour cause d’une organisation interne dans notre ONG un peu souvent défaillante. Mais bon on relativise en se disant qu’il n’y a pas d’ONG qui y échappent et en se rappelant que ce sont les imprévus et le bordel (dés)organisé qui mettent du piment dans nos journées et préservent de la routine.
Ces trois mois dans les camps de réfugiés sahraouis m’ont déjà bien usé.
Peut être parce que je n’avais pas pris le temps de complètement récupérer après mon expérience agitée du Darfour. Aussi parce que les conditions de vie ne sont pas aussi idylliques que ce que j’avais perçu à mon arrivée : internet et tous les moyens de communication sont presque pires qu’à Kabkabiya, l’isolement n’a pas grand-chose à envier à ce que j’ai vécu au Soudan…
Du coup, pas de ptits r’montants venant des potes quand j’ai les boules et pas l’occasion de partager les bons moments.
Bien sur y a eut de tout.
Des organisations partenaires qui ne sont pas toujours très coopératives, du staff qui cherche la ptite bête, des collègues ou des collocs qui te cassent les couilles pour des conneries…
Mais il y a aussi le contact direct avec des gens d’une force incroyable qui depuis trente ans luttent contre des conditions de vie extrêmement dures, les rencontres avec des expats excellents avec lesquels on peut refaire le monde dans la bonne humeur autour d’un thé ou d’une des rares bouteilles qui arrivent jusqu’ici.
Même si je t’ai promis de faire court, je suis sur que tu ne m’en voudras pas de m’attarder sur ce que je fous ici, avec qui et aussi si je détaille un peu où je suis.
Où je suis ? A l’ouest !
Plus précisément au Sud Ouest de l’Algérie ! Près de Tindouf, où les réfugiés Sahraouis se sont installés depuis plus de trente ans pour fuir l’invasion et l’occupation de leurs terres par le Maroc.
Ici, rien ne pousse. La canicule ne recule que contre les vents de sable ou les intempéries diluviennes, comme celles qui ont causé des inondations il y a quinze jours. La nuit, on se caille. Heureusement dans nos tentes, on a la clim (qui fait chauffage en hiver).
Quand même, depuis 3 mois, rares ont été les jours où on a transpiré. Le soleil brille, assez souvent, mais le vent incessant et violent nous oblige à sortir couverts jusqu’aux yeux. Plein de fois j’ai regretté de ne pas avoir amené un masque de ski pour me protéger du sable soulevé par les rafales.
Prends soin de toi
Pleins de bises et adtaleur
Nico
15:15 Publié dans Extraits de Missions... Afrique , Extraits de Missions... Algérie | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Solidarité Internationale et Locale
06/04/2006
Lettres engagées...

Pour celles et ceux qui souhaitent interpeller "les grands de ce monde", vous pouvez relayer les campagnes mensuelles d'Amnesty International.
Une série de lettres à rédiger et à envoyer aux personnes concernées. Ce n'est pas très long à faire, ni très coûteux...
Certain-e-s me diront que c'est une goutte d'eau, et je leur répondrais...ben oui, mais la solidarité c'est aussi comme ça qu'elle se conçoit et qu'elle fonctionne... Les petits cours d'eau font les océans !
Pour le mois d'Avril, Amnesty interpelle le Maroc, l'Ethiopie et la Birmanie.
Et pour les intéressé-e-s, la revue La Chronique d'AI, d'Avril, fait le point sur les armes en lien avec la Campagne Control Arms…
14:45 Publié dans Engagement Local | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Solidarité Internationale et Locale
04/04/2006
Se faire Soigner sans se faire Arrêter...
Médecins du Monde lance une pétition pour demander le retrait de la circulaire du 21 février 2006. Cette circulaire ministérielle, adressée aux préfets et procureurs, explique les modalités d’interpellation des personnes sans titre de séjour, notemment dans les centres de soins et les blocs opératoires.
La circulaire ministérielle du 21 février 2006 , adressée aux préfets et procureurs, explique dans les moindres détails les modalités d’interpellation des personnes sans titre de séjour. Elle mentionne les lieux où peuvent être effectuées les interpellations. Il s’agit des :
* hôpitaux (salles d’attente, halls d’accueil…)
* blocs opératoires
* centres d’accueil pour toxicomanes
* véhicules (donc les bus associatifs, les véhicules des pompiers, les ambulances …)
* sièges d’associations
Mais aussi des :
* quartiers connus pour abriter des personnes en situation irrégulière
* foyers et centres d’hébergement et leurs alentours
* guichets des préfectures après s’être assurés que les termes de la convocation au guichet ne puissent être contestés dans leur légalité (mais cachent à l’étranger l’intention de l’arrêter)
C’est là remettre en cause les principes fondateurs de notre déontologie à commencer par cette règle tacite mais admise qui protège les patients dans les lieux de soins. L’hôpital et les lieux de soins ont une mission de santé publique et remplissent à ce titre un rôle de protection de l’ensemble de la population.
Ce n’est plus le cas.
En allant jusqu’à évoquer la possibilité d’interpellation au bloc opératoire, la circulaire indique bien qu’aucun lieu n’est plus protégé.
Le droit aux soins est inscrit dans le préambule de la constitution française. C’est un droit fondamental de la personne humaine. Il ne doit jamais être utilisé à d’autres fins que la préservation de la santé.
Nous, soignants, hospitaliers, libéraux, associatifs, refusons expressément aux forces de l’ordre l’entrée dans nos salles d’attente ou halls d’accueil pour y procéder à des contrôles ou interpellations.
Nous, soignants, hospitaliers, libéraux, associatifs, continueront quoiqu’il arrive à accueillir tout patient pour les soins dont il a besoin en respectant notre serment d’Hippocrate.
Nous, citoyens, refusons la remise en cause de ces principes fondamentaux et demandons le retrait immédiat de cette circulaire.
Nous appelons tous les professionnels de santé, les syndicats et tous les citoyens à rejoindre cet appel.
17:25 Publié dans Engagement Local | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Solidarité Internationale et Locale
03/04/2006
Explications...
Bonjour Lectrices, Lecteurs, Passantes, Passants...
Juste préciser et rassurer que ce blog est en fonctionnement !!!
Un retour de mission en plein hiver, d'autres projets, peu de messages des copains-copines sur le terrain...
Bref, autant de mauvaises excuses pour ne pas publier de nouvelles notes !
C'est chose dite et réparée d'ici peu...
A bientôt
Romain
15:03 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Solidarité Internationale et Locale
30/01/2006
Ethiopie toujours...
Il y a quelques temps, j'ai fait une note sur le blog d'une française à Addis-Abeba pour faire écho avec ce que vivait Etienne et Sylvie...
Elle a créé un autre blog en anglais, langue plus accessible que le français en Ethiopie.
Je remercie Etienne pour l'info et lui laisse le mot de la fin au sujet de ce blog !!!
"...C'est vraiment pas mal car maintenant c'est gavé de commentaires d'Ethiopiens, certains la soutiennent et apportent d'autres infos et d'autres la menacent carrément..."
Etienne
14:58 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Solidarité Internationale et Locale
17/01/2006
Reporter Sans Frontières
Reporters sans frontières a publié, le 6 janvier, six propositions concrètes pour garantir que les entreprises du secteur d'Internet respectent la liberté d'expression lorsqu'elles opèrent dans des pays répressifs. L'organisation appelle les bloggers et les internautes à signer une pétition en ligne pour apporter leur soutien à cette initiative.
Ces recommandations et la liste des pétitionnaires seront adressées au gouvernement et aux élus américains, car toutes les entreprises mises en cause dans ce document sont basées aux Etats-unis. Elles concernent toutefois l'ensemble des pays démocratiques et seront ainsi transmises également au secrétaire général de l'OCDE et aux responsables de l'Union européenne.
Contexte
Reporters sans frontières a dénoncé, à plusieurs reprises, le fourvoiement éthique de certaines entreprises du secteur de l'Internet lorsqu'elles opèrent dans des pays répressifs. Voici quelques exemples qui nous préoccupent particulièrement :
Yahoo ! accepte depuis 2002 de censurer les résultats de la version chinoise de son moteur de recherche, selon une blacklist fournie par les autorités de Pékin. Reporters sans frontières a par ailleurs récemment prouvé que cette entreprise avait aidé la police chinoise à identifier puis à condamner un journaliste qui critiquait les atteintes aux droits de l'homme dans son pays. Les serveurs d'e-mails de la branche chinoise de Yahoo ! sont basés en Chine.
Microsoft censure la version chinoise de son outil de blog, MSN spaces. Sur cet outil, il est impossible de taper les mots "démocratie" ou "droits de l'homme en Chine", qui sont automatiquement rejetés par le système. Cette entreprise a par ailleurs procédé à la fermeture du blog d'un journaliste chinois suite à des pressions de la part du gouvernement de Pékin. Ce blog était hébergé sur des serveurs basés aux Etats-Unis.
Google a retiré de la version chinoise de son outil de recherche d'actualité, Google News, toutes les sources d'informations censurées dans le pays.
Secure Computing a vendu à la Tunisie la technologie qui lui permet de censurer les sites d'information indépendants, dont celui de Reporters sans frontières.
Fortinet a vendu à la Birmanie le même type de logiciel.
Cisco Systems a commercialisé des équipements spécifiquement conçus pour faciliter le travail de surveillance des communications de la police chinoise. Cette entreprise est également soupçonnée d'avoir formé des ingénieurs chinois à l'utilisation de ses produits pour censurer Internet.
Nous estimons que ces pratiques portent atteinte à la liberté d'expression telle que définie par l'article 19 de la Déclaration universelle des droits de l'homme, un texte fondateur des Nations unies censé s'appliquer à tous, y compris aux entités commerciales. En outre, de tels fourvoiements éthiques de la part d'entreprises américaines ternissent l'image des Etats-Unis à l'étranger.
En savoir plus sur la responsabilité des entreprises du secteur de l'Internet
Les propositions de Reporters sans frontières
Les services d'e-mail :
Les entreprises américaines ne seraient pas autorisées à héberger des serveurs d'e-mail sur le territoire d'un pays répressif. Ainsi, si les autorités d'un pays répressif souhaitent obtenir des informations personnelles concernant l'utilisateur d'un service de mail commercialisé par une entreprise américaine, elles devraient le faire dans le cadre d'une procédure supervisée par la justice américaine.
Les moteurs de recherche :
Les moteurs de recherche ne pourraient plus intégrer de filtres automatiques censurant des mots-clefs dit "protégés". Une liste de ces mots-clefs "protégés" - tels que "démocratie", ou "droits de l'homme" - devrait ainsi être jointe à la loi ou au code de déontologie.
Les hébergeurs de contenu (sites Web, blogs, forums de discussion, etc.) :
Les entreprises américaines ne seraient pas autorisées à placer leurs serveurs d'hébergement sur le territoire de pays répressifs. Si les autorités d'un pays répressif souhaitent obtenir la fermeture d'une publication hébergée par une entreprise américaine, elles devraient le faire dans le cadre d'une procédure supervisée par la justice américaine. Comme les moteurs de recherche, les hébergeurs de contenu ne seraient pas autorisés à mettre en place des filtres automatiques censurant des mots-clefs dit "protégés".
Les technologies de censure du Net - Reporters sans frontières propose deux options :
Option a : les entreprises américaines ne seraient plus autorisées à vendre aux Etats répressifs des logiciels de censure d'Internet.
Option b : ce type de logiciel est toujours commercialisable, mais inclurait une liste de mots-clefs "protégés" qui seraient rendus techniquement impossibles à censurer.
Les technologies et équipement de surveillance d'Internet
Pour vendre à des pays répressifs des technologies ou des équipements permettant d'intercepter les communications électroniques, ou des technologies ou des équipements conçus spécifiquement pour aider les services des pays répressifs à surveiller les internautes, les entreprises américaines devraient obtenir une autorisation expresse du département du commerce.
Les formations
Avant d'engager un programme de formation portant sur des techniques de surveillance et de censure d'Internet dans un pays répressif, les entreprises américaines devraient obtenir une autorisation expresse du département du commerce.
Note : Ces recommandations ont pour objectif de protéger la liberté d'expression. Elles ne visent en aucune manière à limiter la nécessaire collaboration interétatique dans le domaine de la lutte contre le terrorisme, la pédophilie ou la cybercriminalité.
Pour soutenir cette initiative, signez la pétition.
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15/01/2006
Samuel en Equateur N°2
Le 17 décembre 2005
Buenas tardes, compadres y commadres
Jeudi - vendredi, j'étais á l'atelier de rencontre de mon ONG, les 5 équipes du pays se sont retrouvées (25 personnes) dans une grande hacienda (convertie en centre social), pour faire le point sur les missions, discuter sur les orientations politiques, débattre des questions d'actualité (en ce moment, la signature du traité de libre commerce avec les USA, TLC, notamment). C'était très sympa, et le soir, repas de noël, et fiesta (salsa, merengue, salsa, cumbia, salsa.... salsa).
L'occasion de me rendre comte que :
1. Les équatoriens dansent bien la salsa et ils ne s'en lassent pas (au bout d'un moment, moi, je fais une overdose)
2. Les équatoriens boivent pas mal, et du mauvais alcool (le rhum est degueu, et ce qu'ils appellent champagne est une sorte de champomy aromatise á la pêche)
3. mes collègues ne sont pas si sages que ça.
Ça a été l'occasion de les connaître un peu mieux. Pour moi, c'était un peu bizarre car tout le monde était un peu éméché et moi á jeun. Mais globalement c'était très bon esprit...
Le jeudi on est allé voir un projet de gestion du Paramo (un écosystème typique des montagnes entre 3000 et 4000 m, des grandes touffes d'herbes sèches entre 3000 et 4000 m), et de gestion d'eau de source du Paramo, les communautés en aval ayant mis en place un système de canalisation au cours d'une minga: Les mingas sont traditionnellement importantes pour les indigènes, il s'agit de travaux d'intérêt communautaires effectués par toute une communauté (nettoyage, constructions publiques...).
Pour ce qui est du boulot, j'ai fait beaucoup de réunions, pas forcement directement liées á ma mission, et je commence á rencontrer les femmes responsables des caisses de crédits avec lesquelles je vais bosser.
Les quelques points auxquelles il faudra que je m'habitue :
- les latinos sont tout le temps en retard, les réunions commencent souvent avec 1, voire 2 heures de retard
- ils sont incapables de faire une réponse simple á une question, á chaque fois qu'ils prennent la parole, c'est pour minimum 10 minutes, et ils essayent de construire des discours d'hommes politiques... ce qui fait que les réunions durent souvent 4 heures et c'est dur de faire avancer les choses, les discussions restant souvent très théoriques et générales. L'occasion de travailler ma patience...
- la plupart des indigènes ne font pas de compte rendu de réunions, étant traditionnellement de culture orale. Enfin, sur ce point, je pense que je vais essayer de leur apprendre á faire au moins des relevés de décisions, c'est pas long et bien pratique.
Je ne suis pas encore monté á plus de 3800m, j'attend d'être une peu plus habitué á l'altitude.
Je suis á Quito pour le week-end, il pleut et il ne fait pas très chaud aujourd'hui. Ce soir, je vais á une fiesta avec des quitaleños, rencontrés dans une soirée débat autour du thème du TLC, il y a 10 jours.
Besos
Samuelazco
11:50 Publié dans Extraits de Missions... Amériques , Extraits de Missions... Equateur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Solidarité Internationale et Locale
13/01/2006
Samuel en Equateur N°1
Le 7 décembre 2005
¡Hola compañeros!
Voilá une petite semaine que je suis en Equateur et je profite d'un passage au bureau de Quito pour vous donner des nouvelles et mes premières impressions sur le pays, etc.
Je suis logé á Cotacachi, petite ville de 10 000 habitants à 110 Km au Nord de Quito. Pour y aller, le bus met 2h30 par la Panamericaine, la colonne vertébrale du pays qui traverse les Andes du Nord au Sud. Cette route passe par des paysages magnifiques mais elle est très accidentée, ce qui n'empêche pas les conducteurs de bus de conduire très vite et de doubler n'importe comment. Les accidents sont fréquents et souvent fatals, surtout quand le bus tombe dans le ravin : le bord de la route est jonché de petites croix, c'est super rassurant!
A part ça, la vie à Cotacachi est tranquille, je suis dans l'appart / bureau de l'équipe de la Sierra Norte de l'ONG pour laquelle je bosse. C'est une ville très indienne (ils préfèrent utiliser ici le terme "indigena", "indio" étant péjoratif), avec de nombreuse communautés quechuas aux alentours.
L'appart est royal, grande cuisine et pièce à vivre avec l'ordi, un lecteur cd, frigo, cuisinière et de quoi faire d'excellent jus de fruits frais avec tous ceux que je ne connais pas encore mais qui ont l'air excellents, plus les autres fruits connus mais qui font plaisir (fraises, mures, mangues, ananas...)
Puis une chambre pour moi et une terrasse sur le toit, avec vue sur les 2 volcans qui ceinturent la ville, á près de 5000 m. C'est beau ! Il manque plus que le hamac que je vais bientôt acheter à Otavalo, la ville voisine, réputée pour son immense marché artisanal dans toute l'Amérique du Sud.
2 membres de l'équipe de la Sierra Norte dorment parfois ici. Fausto, qui est le coordinateur de l'équipe, á l'air sympa, même si il fait un peu son ours et qu'il est peu loquace. J'ai pas encore vu Wilson (le zootechnicien), mais il est parait-il plus facile d'accès. Je verrai bien.
Pour l'instant, mon boulot consiste à rencontrer les membres des 4 organisations paysannes que je vais appuyer, participer passivement à des réunions pour comprendre leur façon de travailler. Il y en a une á Cotacachi, les 3 autres sont plus vers Cayambe. Je vais essentiellement travailler avec des groupes de femmes indigènes, qui gèrent des fonds pour obtenir des microcredits : les aider et les former en comptabilité de base, mettre en place des ateliers liés á la santé, la nutrition, les appuyer pour la mise en place de projets (organisations de marchés pour vendre leurs excédents agricoles, foires de plantes médicinales...), favoriser les échanges d'expériences entre communautés... Pour l'instant, les prêts qu'elles octroient sont d'avantage pour gérer les urgences (rentrée des classes, maladies...) que pour construire de véritables projets, mais ça peut changer.
L'équipe nationale à l'air sympa et motivée, on se retrouve pendant 2 jours la semaine prochaine pour la planification trimestrielle et pour le repas de Noël.
La fille que je remplace est partie dimanche, je me sens un peu seul pour l'instant... j'attend l'arrivée de Wilson. Mais je pense que ça va être bien.
Dimanche, on était invités à manger chez une famille d'une communauté, on a mangé du cuy (prononcer "couille" = cochon d'inde) et j ai joué au foot avec les gamins, très sympa. Par contre, à 2500 m, on se fatigue vite.
A propos d'altitude, un des techniciens de l'organisation paysanne de Cotacachi fait parti du club de montagne de Cotacachi, et m'a proposé de venir á leur prochaine sortie, sur le volcan el Altar, à 5000 m d'altitude. Pa mal, pour un début! Je pensais faire les choses petits á petit, mais bon... Apres, il restera le Cotopaxi et le Chimborazo (6300), si le temps le permet. Ici, ça change très vite : pas un seul jour de grand ciel bleu, les températures varient entre 8-10 et 25 degrés. Un éternel printemps, pour l'instant c'est pas désagréable.
Besos
Samuelito
11:43 Publié dans Extraits de Missions... Amériques , Extraits de Missions... Equateur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Solidarité Internationale et Locale
21/12/2005
Etienne en Ethiopie N°9
Assalaam aleikoum !
Désolé pour ce long silence mais pour être franc, j’avais un peu la flemme d’écrire ces derniers temps et puis c’est pas trop la forme en cette période de fêtes et de fin de mission.
Donc voici les nouvelles plus ou moins fraîches :
Après 4 mois intenses en Afar, j’ai enfin pu prendre quelques jours de vacances fin Novembre sans que ça affecte trop le travail (que je me disais avant de partir et finalement c’était un gros bordel au retour). Ma première idée était de partir sur l’île de Zanzibar en Tanzanie mais étant donné quelques problèmes de visa avec ma copine, on a décidé de partir au Kenya vu que les Ethiopiens n’en n’ont pas besoin là-bas. Et franchement je regrette pas ! On est donc partis 10 jours sur l’île Lamu qui se trouve à environ 200 km au sud de la frontière somalienne. Imaginez une image de carte postale, plage de sable fin, cocotiers, mer turquoise, petits voiliers traditionnels… et vous y êtes ! Pas de voitures sur cette île, c’est pas nécessaire, les villages sont tous sur la côte et tout le monde se déplace en bateau. Le truc bien aussi, c’est que c’est pas énormément connu donc il y pas un flot de touriste comme on pourrait en croiser un 15 août sur la côte d’Azur ce qui donne une plage paradisiaque quasi déserte. Et les gens locaux sont super accueillants ; ils font un peu de business sur le tourisme mais pas de harcèlement, c’est vraiment agréable. Bref, c’était bien reposant.
Et début décembre, retour aux dures réalités. Cette fois, la fin du projet s’approche dangereusement et il faut se dépêcher de finir ce qui est commencé tout en sachant que la quasi-totalité du budget est dépensé et qu’il faut commencer les préparatifs pour la fermeture. Donc on ne chôme pas mais à vrai dire, tout le monde est un peu tendu et crevé ce qui fait que ça n’avance pas comme on voudrait. En plus, on s’apprête donc à licencier presque tout le personnel (une quarantaine de personnes) ce qui est pas très drôle ; certains ont déjà commencé à chercher un autre travail et vont nous faire faux bond à ce moment crucial. Enfin, on peut pas vraiment leur en vouloir, dans un pays atteignant des taux de chômage extrêmes, avoir une opportunité de travail ne se manque pas. Mais ça améliore pas non plus ma santé mentale.
Sinon, une nouvelle chef de mission a remplacé Gwénaël qui a passé 3 ans de bons et loyaux services ici, et ce changement n’est pas fait pour faciliter la situation ; elle a une façon bien à elle de voir les choses et je pense qu’elle aurait pu faire une très bonne carrière dans l’armée, dans la légion par exemple. Bref, c’est vraiment ce qui nous fallait pas en ce moment et je crois que si elle ne fait pas d’effort pour faire confiance aux gens, elle va se retrouver toute seule face à sa merde.
Bon je me lâche un peu, désolé, mais il y a des choses qui me révoltent, surtout en ce moment.
Enfin, plus qu’un mois et ½ à tenir et c’est retour en France pour profiter des derniers flocons et prendre un peu de repos en famille avant de repartir je ne sais où. Et cette fois, je vais y réfléchir à 2 fois avant d’accepter n’importe quoi, promis !
D’ici là, je vous souhaite à tous un joyeux Noël et un heureux début d’année 2006.
Prochain message avec des photos, promis.
Etienne
12:35 Publié dans Extraits de Missions... Afrique , Extraits de Missions... Ethiopie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Solidarité Internationale et Locale
30/11/2005
Viva Zapata... N°3
Le 30 Novembre 2005,
Compañeros, Compañeras,
La Solidarité internationale semble parfois réservée à des catégories de personnes et pour les autres il semble qu'ils-elles n'ont pas de possibilité de faire quoi que ce soit pour les "autres".
Parfois, on se dit aussi à quoi bon ? On se décourage devant les infos alarmistes et pessimistes ? Comment moi je peux changer tout ça ?
Et puis on n'a pas le temps, on a nos problèmes, nos angoisses, le boulot, le chômage, les problèmes d'argent…
Est-ce que pour autant on doit baisser les bras ? Se dire qu'après nous le déluge ? Alors les autres…
Face à une vision noire que l'on pourrait avoir, ne pourrait-on pas insuffler une nouvelle donne ? Quelque chose qui dépasse notre quotidien, qui dépasse les frontières, les peurs de l'autre ? Pourrait-on créer un lien Solidaire entre peuples ?
Cela devrait commencer par sa famille, ses ami-e-s, ses copains-copines, ses voisins-voisines, ses collègues, et le reste de la population : cette grande famille humaine !
Il existe pleins de moyens, d'actions à faire à son niveau. Il suffit juste de s'ENGAGER. Mais également de prendre plaisir à le faire.
Actuellement, on ne peut pas dire qu'on ne sait pas comment s'y prendre. Il suffit parfois d'éteindre sa télé, son ordinateur et aller à la rencontre des autres.
On trouvera des personnes qui s'interrogent, qui proposent, qui résistent, qui critiquent, qui doutent, qui se trompent…
A vous de voir comment vous souhaitez vous engager…
Et pourquoi pas faire partager vos démarches, expériences, par le biais de ce Blog…
Je serais heureux de vous publier entre les tranches de vies des acteurs de la Solidarité Internationale et … Locale !
Il y a peu je vous parlais du Sous Commandant Insurgé Marcos.
J'en remets une couche avec une action simple à faire !
Certains Zapatistes produisent du café. Ils se sont organisés en coopérative. Ils proposent que nous puissions pré-acheter du café !
Il est à commander avant fin décembre pour le recevoir en juin. Une façon originale de leur permettre d'assurer une partie de leurs revenus et ainsi se consacrer à d'autres cultures qui ne les rendent pas dépendant du café.
Pour un café rebelle ! Cliquez !
Des côtes du Sud du Sri Lanka
Romain
08:20 Publié dans Lectures... | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Solidarité Internationale et Locale
28/11/2005
Viva Zapata... N°2
Le 28 novembre 2005,
Compañeros, Compañeras,
Il y a peu je vous parlais du Sous-Commandant Insurgé Marcos et des Zapatistes.
Au fil des lectures, j'ai appris à les connaître, à en savoir un peu plus sur leurs valeurs, leurs justes causes, leurs combats.
Dernièrement, ils ont pris un autre chemin, ils ont décidé de sortir de leurs montagnes et de faire une Autre Campagne.
Les élections présidentielles au Mexique vont avoir lieu et les Zapatistes proposent autre chose, d'autres modes de fonctionnement, pour en finir avec les mauvais gouvernements.
Plus que des mots, ce sont des actions qu'ils présentent, des façons de faire, de gouverner qui révolutionnent ce qu'on connaît.
L'écoute, la participation, l'engagement, le respect des différences, et bien plus encore sont des thèmes qu'ils manient pour une égalité entre humains.
Après 20 ans d'existence, plus de 10 ans après


















