17/11/2005

Le Sri Lanka vu de là bas... N°8

Le 15 novembre 2005,
Bonjour,

En terme de changements, on a aussi le boulot qui voit du nouveau.
On a fait une bonne et intéressante évaluation des programmes mis en place. Je vous passe tous les détails techniques, mais pour faire court, on va réduire, voir arrêter certains volets, et plus se spécialiser sur d'autres.
8 mois après, il est temps de revoir les objectifs initiaux et de se rendre compte si on les réajuste ou non. On ne peut pas continuer à entretenir des programmes qui pour le coup engendraient plus de dépendance vis-à-vis des personnes affectées.
Tout ça sur le papier, c'est bien joli. Mais on travaille avec des gens, et du coup, il faut le préparer en douceur, arriver à le faire de manière participative, etc.
Ce ne fut pas évident pour l'équipe, donc pour les familles, dans les camps, encore moins !

Et il est temps aussi que les communautés de ces camps puissent également prendre une grande part à leur gestion et animation. Cela se faisait avant, mais la présence en nombre des ONG a créé un état d'attente de l'aide et non pas de "je m'organise en essayant de voir ce que je veux et ce dont j'ai besoin".
Et puis, il est plus facile de dépenser son argent de manière unilatérale, que de travailler à plusieurs.

Nous avons faillit tomber dans ce travers, et il est facile d'y tomber…

Du coup, il y a une nécessité de revoir aussi la pertinence de la présence des postes expatriés... Nous étions nombreux sur cette mission : 4 personnes, ces derniers mois.
Vous ajoutez : la fatigue et les difficultés rencontrées, le contexte pas non plus serein, le bilan des évaluations ainsi que le réajustement des objectifs, et vous obtiendrez la fin de mon contrat !

C'est donc sous un vrai climat d'hiver que je vais passer ma fin d'année ! Et ne vous méprenez pas. J'en suis plus que ravi !!!
A moi, le froid, la neige, les balades dans le Vercors, la baguette et les croissants, les copains-copines, les ami-e-s et la famille !
Et le repos…avant de repartir ?

Juste un mot (non, pas le dernier !).
Il n'est pas facile de partir. Laisser 8 mois comme ça derrière soi, ou à côté, ou à l'intérieur.
Comme je l'écrivais, on travaille avec des gens, des êtres humains, avec l'humanité. Et forcément, on est lié. Par des sentiments. Des souvenirs. Des paroles, des attentions. Par des rires et des pleurs.
La rupture. Laisser l'autre n'est pas facile. On laisse aussi un bout de soi.
Frères et sœurs, oncles et tantes : je vous ai traités de bras cassés, vous m'avez énervés, déçus mais plus que tout vous m'avez accompagné chez vous. On a fait du chemin ensemble. On a appris aussi ensemble.
Alalala, allez pas croire que je suis triste ou mélancolique ! Je garde ça pour les beaux jours !

Avant de finir, je vous laisse avec un slogan qu'un Bouddhiste écologiste aurait pu trouver pour les présidentielles, si il avait eu de l'humour (mais les moines bouddhistes, dit-on, font état de renoncement !). ce slogan est donc : "Prière de laisser cette humanité aussi propre en mourant que vous souhaitez la retrouver en renaissant." Ça aurait pu être un Kundun à la Lionel

Portez vous bien !
La Biz de Matara.

Romain

Commentaires

Nous t' attendons Rom1 :-)

Ecrit par : Lionel | 17/11/2005

romain,
je ne sais pas combien de temps tu restes à matara. je commence à bosser avec CCF sur les même problématiques que toi, à partir de février 2006. t'y seras encore,
Peggy

Ecrit par : peggy | 21/12/2005

Peggy,
on va se croiser car je viens de rentrer en France...
Bon courage à toi sur Matara.
Peut-être croiseras tu Simon ? Très sympa.
N'hésites pas à faire partager tes impressions...
A plus
Romain

Ecrit par : romain | 23/12/2005

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