12/04/2006
Nico dans les Camps Sahraouis... N°2
mardi 28 février 2006
Bien l'bonjour,
Je t’en dis un peu plus sur les réfugiés et ce qui les a amenés ici ? C’est parti !
En 1975, alors que l’Espagne s’apprêtait à se retirer de sa colonie du Rio de Oro, entre le Maroc et la Mauritanie, Hassan II a envahit le territoire de manière pacifique. En fait, il a déclenché la Marche Verte. Des centaines de milliers de marocains, civils, se sont mis en route vers le sud pour aller s’installer sur les terres que l’Espagne ne voulait plus administrer après la mort de Franco. Derrière les civils, les forces armées n’ont pas tardé à suivre.
Ni les dernières forces espagnoles, ni le Front Polisario qui existait déjà depuis plusieurs années et qui luttait pour obtenir l’indépendance des Sahraouis n’a rien pu faire pour empêcher que ce coup politique et diplomatique diabolique n’aboutisse.
Face au nouvel occupant, des dizaines de milliers de Sahraouis ont préféré venir se réfugier dans l’Algérie voisine qui leur a alors ouvert les bras.
Puis, immédiatement après avoir retrouvé un minimum d’organisation interne, le Polisario, gouvernement en exil de la République Arabe Sahraouis Démocratique, a lancé une contre offensive armée pour reprendre possession des territoires occupés par le Maroc. Pour se défendre, le royaume chérifien a fait ériger un mur de plusieurs milliers de kilomètres du nord au sud le long des frontières orientales et miner ses abords.
Ils ont aussi du lutter contre la Mauritanie qui avait des visées sur ce territoire et qui pensait pouvoir profiter de l’instabilité régionale régnant depuis la débandade de la puissance coloniale. Le Polisario s’est vite débarrassé de la menace mauritanienne. Les maures avaient déjà bien du mal à financer leur survie et l’effort de guerre était insoutenable pour leur économie déjà faible.
Ce n’est qu’en 1991, qu’un accord de cessez le feu est trouvé. Les deux parties s’étant entendues sur l’organisation d’un référendum sur l’autodétermination du Sahara Occidental.
Le problème, c’est que le Maroc n’a mis que quelques mois pour dénoncer ces accords. Depuis, le conflit est larvé. Grâce à l’indifférence de la communauté internationale et de son soutien à peine voilé malgré les atteintes aux droits de l’homme perpétrés dans les territoires libérés le Maroc parvient depuis 15 ans à retarder l’échéance du référendum et la solution à ce conflit.
Pendant ce temps, les réfugiés ne survivent que grâce à la force puiser dans l’espoir qu’un jour leur légitimité et leur dignité en tant que peuple seront reconnues par le monde entier.
Aujourd’hui, la RASD, à force d’efforts diplomatiques, fait partie de l’Union Africaine et a été reconnue par 80 pays. La route vers l’indépendance est encore longue.
Ces réfugiés, répartis dans 4 camps, ou wilayas, comptent aussi pour survivre sur les innombrables aides internationales qui arrivent du monde entier et principalement de l’Espagne qui semble se repentir d’avoir laissé un tel chaos.
Mais on ne peut tout de même pas parler d’assistanat. Tout est bien organisé et géré au plan « national ».
Maintenant, que le décor est planté, tu dois te demander ce que je fais là.
Je suis le chef d’un projet de soutien aux personnes handicapées et aux personnes âgées vulnérables. Pendant près de 3 mois, avec une équipe de 5 personnes, on est allé de tentes en maisons de terre, pour identifier les besoins en matériel orthopédique et hygiénique des personnes dépendant de l’assistance sociale locale.
Aujourd’hui, je suis à Alger, car suite à l’appel d’offre lancé pour l’achat de tout le matériel, on va procéder cette semaine à l’ouverture des plis déposés par des fournisseurs algériens. Dans la foulée, de cette commission on a prévu de signer le contrat et dans trois semaines, juste après la réception du matériel on commencera la distribution dans les camps. Ca devrait nous prendre 6 semaines. Il ne restera alors que le suivi post distribution qui nous permettra de nous assurer que l’aide matérielle répond bien aux besoins identifiés.
Mon contrat se termine le 15 mai et je ne sais pas encore si je souhaite le prolonger.
Mais vu que je n’ai encore pas réussi à tenir ma promesse (et je te jure qu’au début, je croyais en être capable !!!!) de me contenter d’un message synthétique, je vais faire une pause de quelques jours pour te permettre de digérer tout ça et j’essaierai de profiter d’un créneau ou internet n’est pas trop capricieux pour te donner un peu plus de détails sur mon quotidien ici.
Prends soin de toi
Pleins de bises et adtaleur
Nico
15:30 Publié dans Extraits de Missions... Afrique, Extraits de Missions... Algérie | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Solidarité Internationale et Locale


















Commentaires
moi non plus sera jamais mon président ! Et 1 BIG UP pour clara… merci
Ecrit par : M-AI | 14/04/2006
il ne sera jamais mon président vu qu'il surf sur l'immigration et le racisme pour se faire aimer des francais------- il ne sera jamais mon président vu qu'il se renie en tant que petit fils de polonais
Ecrit par : tahri bachir | 18/08/2006
Reportage dans les camps de réfugiés en 2002 en compagnie d'une délégation de la ville de Rezé.
Les Sahraouis sont les oubliés du désert. C'est l'histoire d'une décolonisation inaboutie. C'est l'histoire d'une page d'histoire qui ne se tourne pas. C'est l'histoire d'un petit groupe, environ 160 000 personnes qui au porte du désert attend qu'on lui redonne sont territoire. C’est l’histoire d’un peuple, affaibli par le temps, abîmé par l’aridité de sa terre. Sa fierté est intacte, elle est source d’énergie pour livrer cette bataille de l’absurde, cette guerre contre la puissance coupable de dirigeants installés dans le velours confortable des palais. L'espoir fait vivre dit-on, chez les sahraouis il fait survire....
http://perso.orange.fr/mez-images/lesgaleries/Book/sahraouis/default.htm
Ecrit par : mezimages | 10/01/2007
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