18/04/2006
Gégé à Goma... N°2
le 12 février 2006
Les étudiants pilleurs,
Les deux énergumènes ont escaladé la murette qui encercle le massif fleuri à l’entrée du domaine. Les hôtels chics ont tous ces sortes de ronds-points situés devant la réception, de cet endroit où le portier accueille l’incessante ronde des taxis.
Ils sont debout sur ce promontoire de verdure, le regard inoffensif et la bouille rieuse. Ce sont certainement des étudiants en humanité*, chacun d’eux transportent un classeur mais d’une manière bien curieuse, différente aux autres écoliers. La tranche repose à l’horizontal sur l’avant-bras gauche, les deux faces cartonnés pendantes en direction du sol. A la manière du serveur portant sur son avant bras la serviette blanche, et de l’autre le plateau.
Le spectacle commence. Les deux personnages se positionnent devant un fragile arbuste au feuillage décharné, comme si l’automne venait à s’annoncer. Mais nous sommes dans la petite saison des pluies, la période où les végétaux s’abreuvent et se rechargent avant l’arrivée de la période chaude. Cette maigreur parait incongrue au regard de la riche végétation qui entoure la plante.
Tandis que le bras se cale à hauteur de l’estomac, l’autre main cueille délicatement une feuille de l’arbuste, en cassant la tige à son embase. Ils sourient, amusés aux interrogations que leurs suggèrent nos regards intrigués. Nous sommes assis à la terrasse de l’hôtel, et je comprends dorénavant l’état de délabrement de ce pauvre arbuste.
Les deux compères maintiennent chacun la feuille coupée comme un stylo, la pointe vers le bas, prête à écrire. Et ils écrivent, chacun à leur façon. L’un promène la tige en dessinant des grands huit, d’un geste léger et régulier, d’une plume caressante. Le style du second est plus radical. Il tapote à la manière d’un poinçonneur, imprimant sur la surface une nuée de points, semblable aux gouttelettes d’une fine pluie naissante.
L’encre terminée, ils arrachent un nouveau stylo de l’arbre. Et le travail continue.
- Intriguant, me balance le collègue avec qui je partage le repas.
Comprends-tu quelque chose à ce curieux manège ?
- Pas la moindre idée, lui répondis-je la moue dubitative.
Le serveur nous observe d’un regard amusé. Son visage fait des allers-retours entre les deux scènes.
- Hé papa, peux-tu nous expliquer ce qui se passe sur le massif de fleurs ? Et pourquoi tu laisses ces jeunes piller ainsi l’arbuste ?
- C’est pas des manières surenchérit mon voisin.
- Polé polé*, nous annonce t-il avec ironie. Regardez, vous n’allez pas tarder à comprendre.
Le barman semble savourer son effet d’annonce et cultive avec délectation le suspens. Le dépeçage continue, les feuilles s’égrainent, et les blancs doivent savoir attendre.
Sorties de l’arrière de son pantalon, le premier étudiant tient entre ses doigts plusieurs bandes de papier. D’un geste agile il en saisit une qu’il dépose lentement sur le flanc du classeur du collègue, juste à l’endroit où l’écrivain poinçonnait. Sa main balaye d’un sens, puis d’un autre, jusqu’à frapper avec le plat de la paume l’aller-retour final.
- L’exercice est bientôt fini, ajouta le serveur, vous allez voir.
L’étudiant dorénavant attrape entre le pouce et l’index l’angle inférieur d’une des deux faces cartonnées, puis il laisse basculer le classeur qui reste suspendu dans un mouvement de balancier. L’objet s’immobilise enfin, quelques secondes encore, puis nos deux compères s’observent un instant, satisfaits de leur prestation.
- C’est réussi parait suggérer le premier.
- Affirmatif semble acquiescer le second, en déposant avec précaution le document sur le sol.
Les rôles s’inversent et l’exercice redémarre. Avec autant de délicatesse. La bande papier, je balaye, je frappe. Le balancier, quelques instants. Opération terminée, le test est réussi. Les deux classeurs sont maintenant prêts. Chacun dorénavant possède sur son flanc un papier blanc fraîchement collé.
- C’est l’arbre à colle, reprend le serveur. Une sève blanche et épaisse, comme le lait. Les étudiants en humanité viennent souvent ici avec du matériel d’occasion. Ils recouvrent les anciennes notations inscrites sur la tranche des classeurs avec un morceau de feuille blanche. Ou de couleur, ça dépend de ce qu’ils ont récupéré. Et hop, c’est reparti pour une nouvelle année avec du matériel refait à neuf !
- Une très bonne colle, vraiment, conclut-il d’un sourire satisfait.
* les humanités : équivalent du baccalauréat,
* Polé polé : doucement doucement, tout doux tout doux en langue Swahili.
L’arbre à colle,
GG, Goma.
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16/04/2006
Gégé à Goma... N°1
Après Kien-Vy et Ben, Gérard a rejoint Kivu... et son volcan attirant...
Romain
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Dimanche 15 janvier 2005.
Au ciel du Congo, Partage d'images,
J'ai survolé des paysages dignes de Yann Arthus Bertrand ; les méandres du fleuve Congo parcouraient la forêt tropicale en dessinant des courbes aux formes rêveuses.
Nous avons joué à saute-mouton avec l’équateur en traversant une première fois cette ligne imaginaire, puis à nouveau en redescendant vers le sud après une halte sur les terres natales du défunt Mobutu. Il faisait lourd, très lourd, de cette chaleur moite et ruisselante qui charge le moindre déplacement. J’y ai redécouvert l’odeur caractéristique des corps noirs transpirants, comme une sorte de léger brûlé, un fumé de viande et de bois qui se consume. Pas très poétique comme terme mais c’est une senteur difficile à décrire. Elle m’est réapparue comme au jour de mon premier voyage en Afrique de l’Est. Et aussi cette sensation du temps, indéchiffrable, d’absence de minute, de pesanteur ; des gens qui attendent, qui regardent, ou qui roupillent en équilibre sur une chaise.
A l’ombre d’un grand arbre reposaient 3 fauteuils jaunes en plastique... Le papa nous a servit une boisson rouge sucrée, une sorte de sirop pétillant aux aromates grenadine. Mais il n’y avait que la couleur, et du sucre, rien que du sucre. On appelle souvent papa l’adulte à qui l’on s’adresse pour lui demander un renseignement ou un conseil. Expression aux consonances mi paternelles mi coloniales ; parait-il que c’est une sorte d’habitude teintée de reconnaissance et de respect envers l’autre.
Et puis les méandres sont réapparus de nouveau. Et toujours ces vastes étendues vertes, à l’infini, parfois perforées de taches bleues. De l’eau en abondance.
Et enfin les cotes ; les berges du lac Kivu apparaissent, presque comme une mer. Une étendue bleue parsemée d’îlots de terres aux contours colorées. Nous arrivions sur Goma. L’altitude écrase les montagnes, et ce n’est qu’après l’atterrissage que j’ai découvert ce fameux massif.
"Nous avons la peur" me répondit le chauffeur alors que je lui demandais comment allait la ville.
"Regarde la terre, elle est noire". Et c’est exact, bon dieu qu’elle était noire. Surprenant car nous avions foulé la terre rouge lors de nos deux précédentes escales, comme ce tissu qui recouvrait les pistes d’atterrissage ou cette poussière ocre balayée par les hélices du bi-moteur. Et du ciel ces quelques lignes colorées qui s’enfuyaient de la bourgade pour se frayer un fragile chemin à travers la foret dense. Et qui disparaissaient presque aussitôt, englouties par le manteau tropical.
Mais à Goma la mère nourricière en avait décidée autrement. Elle s’était répandue sur la ville de toute sa force en dégueulant d’infâmes coulées de boue noire à même le sol. Disparition de la couleur, absence d’ocre. L’asphalte nous balançait sur nos sièges dans un mouvement de balancier un peu fou.
"Regarde sur ta gauche, derrière la barrière nuageuse" ajouta t-il, "le volcan est la".
L’éruption du cratère il y a 3 ans avait engloutie une partie de la ville, l’aéroport était scindé en deux sur l’extrémité nord de la piste. Mais la vie s’était réinstallée sur le manteau de lave. Les fondations et les murettes des maisons se teintent dorénavant aux couleurs de la lave. Une sorte de pierre grise et noire, lisse quand elle est taillée dans la masse, alvéolée et impure à sa surface.
"L’avantage quand tu construits sur ces terrains, c’est que tu n’as même pas besoin d’acheter la matière première, il te suffit de tailler dans le sol" nous raconte le chauffeur. On fait avec, on ne peut rien changer. Il faut accepter... Mais la peur ne s’est pas enfuit, elle reste encrée dans les esprits. Il y a trois semaines à peine la terre a de nouveau tremblée mais le volcan n’a pas fumé. Pour les quelques maisons qui ont survécu, le rez-de-chaussée se retrouve dorénavant à mi-niveau en dessous de cette nouvelle route. On a simplement taillé des marches à même la roche ou dégagé une bande de 2 ou 3 mètres devant l’habitation. Et les artisans ont redémarré leurs activités.
Nous continuons notre chemin lorsque enfin la langue rugueuse se termine, plongeant la route dorénavant vers le bitume. Vers l’ancienne vie, le terreau d’avant la catastrophe.
Le voyage nous a mené d’Ouest en Est du Congo, de Kinshasa la capitale vers Goma la ville située dans la province du Kivu, au bord du lac. Quelques centaines de mètres nous sépare du poste de douane Rwandais.
Parlons boulot...
Je suis basé sur Goma, loin de la capitale, et c’est tant mieux. Le log volant s’est finalement posé sur la terre ferme. Adieu la vie de bureau même si je sais qu’ici je devrais assurer qqs présences en réunions, voir d’animer certaines.
Titre oblige, je m’appelle dorénavant Logistician Field Coordinator ; impressionnant n’est-il pas ? Je redémarre notre présence sur le Kivu après des débuts difficiles ici (depuis fin septembre date de notre arrivée, il y a eu le départ du premier log à peine 2 mois après, puis du second suite à un accident de voiture le lendemain de noël). La tache ne sera pas facile au vue des rapports entre les différentes agences ici ; habitude, routine et enjeu de pouvoir. Y a du boulot !
L’avantage est que je serais relativement autonome dans l’organisation de mon emploi du temps, et donc pour les moments d’écriture. Il faut que je résolve en priorité les problèmes de connections e-mail. L’installation devrait se faire en milieu de semaine. Dans l’immédiat je dépends d’une agence ou je dois me rendre tous les matins pour lire ma boite.
Gerard,
Goma
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04/09/2005
Kien Vy au Congo N°4
Le 15 août 2005,
Bonjour à toutes et à tous !!!
Bien longtemps que je n’avais pas donné signe de vie, facilement 2 mois. Tous les jours, je me dis que je vais le faire mais sans réussite.
Là, maintenant c’est parti.
Que dire durant cette période de silence radio ?
Professionnel :
Nous avons vécu des heures difficiles dans le programme : ne pas savoir si le programme aller être repris sous une autre forme ou pas. Notre programme RRF (rapid response fund) arrivait à son terme fin juin. A coté de cela nous faisions le proposal (proposition de programme) à notre bailleur qui projette de faire un RRF2, plus complet dans l’intervention (Non vivre, éducation et Eau-sanitation, Watsan pour les intimes). Alors nous avons fait un jolie proposal à fin juin pour début de programme début juillet. Puis la lenteur de notre cher bailleur nous demande de prolonger le programme initial, RRF 1, d’un mois et aller donner sa réponse pour début de programme en Août.
Mi juillet, re belote et prolongation d’1 mois supplémentaire, donc jusqu'à fin Août. Tout cela au final pour plus de travail, de stress… mais c’est normal dans ce monde des bailleurs. Maintenant nous avons une réponse sur le 2eme programme et nous l’avons eu (pas dans sa totalité, mais en grande partie, histoire d’escorte militaire obligatoire que nous refusons). Et donc l’aventure de ma base continue pour les prochains mois à venir, jusqu'à fin Mars.
Donc la vie à la base était mouvementée. Nous ne savions pas si nous allions tous rester. Maintenant que nous avons eu la réponse, nous savons qui s’en va (hahaha).
Alors, nous continuons le programme dans sa forme actuelle, en jouant avec les budgets pour ne surtout pas les dépasser (et c’est mon boulot), en attendant le 2eme programme. Nous allons d’ailleurs devoir faire des licenciements, car l’activité n’est plus la même (plus sous la même forme) et recruter du personnel (expatrié ou local). Ce sera alors reparti pour travailler à fond.
Cool, car c’est dernier temps, il ne se passait pas grand chose sur le programme à part entière, et c’était un peu frustrant, en tout cas, moins motivant.
La vie de tous les jours :
La vie au Congo est pour moi encore un grand mystère… Pourquoi, car je me trouve toujours dans la ville de Goma… toujours… toujours… Et c’est certainement la plus grande frustration de mon travail et déception pour moi sur cette mission. Il est horrible de travailler dans un pays pour pouvoir aider sa population sans connaître les populations locales, leurs vies, les conditions terrains, les autorités locales et militaires (et il y en a). Je ne suis que le Log-Admin, donc un poste où la majorité du temps je me trouve sur la base sans bouger… mais de là à faire les 100%… c’est super dommage. C’est une raison pour laquelle mon moral et ma motivation ont baissé ces derniers temps, fautes de découverte du pays. Mais l’occasion ne s’est jamais présentée à moi. Remplacement de lui, de elle, formation, recrutement…. Bref pas moyen, pas moyen. Mais mon coordinateur programme le sait, et je lui répète… Mais… ça reste toujours la même chose… Pas moyen pas moyen… Alors en attendant… je vais peut être me mettre à l’alcool… Merde c’est déjà fait…
En tout cas vraiment, la routine s’est installé et plus que jamais, maison, boulot, maison…. (Sniff…)
Les vacances :
Là, c’était le top.
Pour une mission de 6 mois, j’ai eu le droit d’avoir 1 semaine de repos en dehors du pays (les humanitaires connaissent ça bien). Comme j’étais venu en même temps qu’un mec de mon programme, Matthieu, nous avions décidé de partir ensemble en vacances, direction la Tanzanie. Tanzanie, pays au sud du Kenya, connu pour ces parcs naturels qui regorgent d’éléphants, rhino, lion et compagnie. Nous avons jeté notre dévolu sur le toit de l’Afrique, le Kilimandjaro.
Alors comment ça s’est organisé ? Nous sommes partis en tout et pour tout le lundi pour revenir… le lundi d’après. Le lundi (le 1er) nous avons fait le voyage jusqu’à Moshi, ville la plus proche du Kilimandjaro. Nous sommes passés par le Rwanda, avec ses milles et unes collines, pour aller y prendre l’avion, direction Nairobi, capitale du Kenya. A Nairobi, nous étions juste en transit à l’aller comme au retour alors rien à dire dessus, hormis les nombreuses boutiques de souvenirs. Puis avion direction Moshi, Kilimandjaro international airport. Passage à droite du Kilimandjaro, première rencontre visuelle avant son ascension.
Nous étions arrivés complètement à l’arrache (mais c’est bon ça) et avons trouvé à notre arrivée, le taxi, puis l’hôtel et enfin le tour operator pour la montée au Kili. Trop cool car, nous avons tout négocié dans les tarifs que nous nous étions fixés avant le départ (le guide du routard, qui n’est d’ailleurs vraiment pas le top). Le lendemain, c’était parti pour 6 jours d’aventure, 4,5 jours de montée et 1,5 jours de descente). Comme nous sommes de bons sportifs avec Matthieu, nous étions bien confiant dans cette montée, surtout que le guide du routard dit que cela n’exige pas forcement de préparation physique particulière mais avertit sur les problèmes liés à l’altitude. Mais Yalla….
La première journée, nous avons traversé la jungle qui borde le bas du Kili. Vrai jungle, bruits divers d’animaux, humidité à 200%. Première journée pour se mettre en jambe. Plus nous montions au fil des jours, plus le terrain devenait sec, moins il y avait de végétation, plus il faisait froid. Le troisième jour nous avons fait une étape d’acclimatation à l’altitude, c'est-à-dire, la montée à 4630m pour redescendre à 3950m. Nous avions le choix de rester la haut et faire un autre itinéraire (traversé d’un glacier), mais la, c’était totalement impossible pour moi. Les premiers maux liés à l’altitude faisaient leur apparition, Maux de tête pas possible (et moi j’y suis rarement exposé), quelques hauts de cœur, alors nous avons décidé de redescendre…. Premier avertissement. Après cette journée où la marche allait encore, les choses se sont compliquées. Journée de marche de plus en plus longue, plus de dénivelée, de soleil assommant… la difficulté devenait de plus en plus croissante. Le manque d’oxygène a vraiment été une réalité. Nous faisions de plus grande inspiration, la moindre coupure de notre respiration était à rattraper (par exemple pour cracher), la fatigue plus marquée. Nous faisions des tests de pouls et quelle surprise de voir nos pouls au repos total à 90-100 /min alors que d’habitude nous sommes à 60/min. Franchement terrible. Arrivée au dernier camp, nous savions que nous allions rejoindre Uhuru Peak, le sommet, par une marche de nuit. Départ 0h00, pour une marche de 8h …. Et quelle marche…. Interminable, vraiment très pentu, la pire pente de la montée, avec des pierres, de la terre sous forme de poussière qui nous faisait glissé…. Avec altitude, manque d’oxygène, fatigue des jours précédents, ça a vraiment été très très difficile. Avec Matthieu, nous nous soutenions mutuellement et sans cela, nous n’y serions jamais arrivés. Ça a été un travail d’équipe. Et quelle joie d’avoir réussi à gravir ce mont, j’en ai d’ailleurs versé quelques larmes de douleurs une fois arrivé au sommet, car l’effort a été immense. Par contre nous nous étions donné RDV avec le levé du soleil au sommet, et le spectacle a été grandiose. Couleurs de folie au dessus de la mer de nuage, illumination des glaciers du Kili, vu sur le cratère de cet ancien volcan… vraiment super.
Pour ceux qui veulent le faire, prenez un bon sac de couchage, pas un +12 comme moi, car les nuits sont fraîches, des petites laines pour le dernier jour car durant la nuit de l’ultime montée, il doit faire -15°. Par contre tout le reste est prévu par le tour operator, c-a-d, porteur, guide, tente, nourriture… et le menu est vraiment pas mal.
En tout cas, c’est vraiment une sacrée aventure, dans l’effort, la beauté de la nature et l’environnement. Super.
Incroyable de voir les guide et porteur avec plus de 25kg sur la tête qui te dépasse en pleine montée tout le temps et te dise bonjour au passage l’air de rien. Nous, nous étions avec nos super sacs de rando avec seulement 10kg (que nous tenions à porter nous même) et la langue pendu et les traits tirés… bref ils sont bien habitués mais quand même, chapeau… et il n’hésite pas à se fumer une petite clope à 4000m d’altitude… la folie…
Voila pour mes aventures de ses derniers mois où je garde en souvenir cette montée avec Matthieu au Kilimandjaro.
Je vous laisse tous et vous souhaites pleins de bonnes choses
A bientôt
Kien-Vy
15:45 Publié dans Extraits de Mission...Congo , Extraits de Missions... Afrique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Solidarité Internationale et Locale
29/08/2005
Kien Vy au Congo N°3
Goma, le 29/05/05
Hola tout le monde !
Aussi, nous avons souhaité la bienvenue à notre nouveau coordinateur logistique et sécurité, Franck.
Il pourra remettre sur le même diapason toutes les bases de notre ONG d'un point de vue sécu et log. Cool !
Il a une 40aine d'année et possède une expérience de 3 ans dans l'humanitaire. De plus il a de bonnes connaissances dans ces domaines. Il pourra m'appuyer dans mes décisions et cela et rassurant. Car, c'est bien beau de se retrouver ici, mais il me faut prendre des décisions du fait de la place de chef.
Alors, même si je n'ai pas peur de me planter en avouant mes erreurs, quand il s'agit de prendre une décision pour les approvisionnements d'une distribution par exemple, c'est cool d'avoir un appui. Bref, c'est les choses que je lui ai demandé, être un referant pour moi, l'inexpérimenté.
En tout cas, pour notre programme, nous sommes toujours en suspens car nous ne savons toujours pas si notre programme va continuer. Même si nous avons de bon retour de l'UNICEF, concernant notre travail, la décision de poursuivre ce programme (avec quelques changements quand même) n'est toujours pas prise, et la lenteur des agences UN nous font peur. A savoir s'il y aura un gap (écart) entre la fin du programme actuel et le prochain.
Pour ce qui est de la vie à Goma, ça devient la routine. Maison, bureau, maison, dodo. Le temps est souvent pluvieux et orageux, mais c'est un vrai spectacle de voir les éclairs s'abattrent autour du Nyiragongo. D'ailleurs, nous allons bientôt organiser une montée sur ce volcan, certainement dans 2 semaines. Ce sera super je pense, en espérant qu'il fera beau et que nous verrons la lave.
Aussi, dans mes visites de Goma, nous avons visité le lieu où en 2002, l'éruption avait commencé. Cette éruption avait détruit une grande partie de la ville. Le plus étonnant, et que l'éruption n'avait pas commencé au volcan, mais par une faille aux abords de Goma. Suite à un tremblement de terre, une faille d'une longueur de 100 m d'une profondeur… très profondes, aux dires de la population locale (il ne voyait pas le fond) est apparu a une 100ene de mètres de Goma. Personne n'aurait pensé à cela, et la pente favorable a fait que la lave a envahi la ville, la détruisant en grande partie, mais ne faisant qu'une vingtaine de victime. Mais, la ville a apparemment changé de tout au rien. La lave a englouti des maisons de 3 étages, détruit la cathédrale et donner à Goma un visage ravagé par cette roche noir magmatique, en forme de coulées ou crépitant de bulle traduisant la chaleur de cette lave.
Il y a un quartier de Goma, qui est en train de se reconstruire, sur les vestiges de cette éruption. Le décor est terne et morose. Le quartier n'étant qu'un champ de roches noir, concassé, empiler les unes sur les autre pour faire un semblant de routes. De plus sur les longs de l'ancienne faille, des vapeurs se dégagent, présageant toujours une éruption future et probable au même lieu. Il y a même des histoires comme quoi, des gens ayant voulu se construire des fosses sceptiques ont fait un trou dans leur habitation (quoi que seulement 2-3 mètres de profondeur). Ce trou a fait ressortir de la lave détruisant leur maison et donnant la panique à la population. Bref, la sécurité naturelle ici est précaire.
Dans le quartier du port, nous pouvons aussi y voir la fin de la coulée 2002 qui a fini dans le lac Kivu. Il a fait quand même gagner une centaine de mètre la terre sur cette grande étendu d'eau. Ce lac est si immense, que l'on croirait que nous avons la mer en face de nous. De plus en ce moment elle est agitée en raison du changement de saison. Alors les vagues sont au RDV. A dire qu'il ne représente qu'1 /10 d'un autre lac, le lac Tanganika, au sud de Goma. Je n'imagine pas ce que cela peut être.
Je vous dirais ça si j'ai l'occasion d'y aller. Nous avons une base (Kalemie) qui se trouve au bord de ce lac. Alors, si j'ai l'occasion d'y aller.
Take care and see you soon.
Kien-Vy
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03/06/2005
Kien Vy au Congo N°1
Le 12 avril 2005
Bonjour mes amis !
Je suis donc au Congo pour les amis qui ne le savaient pas, bien arrivé pour ceux qui le savent (forcement).
Voila maintenant bientôt 1 semaine que je suis arrivé et je me fais petit à petit à ma base, mes collègues et la mission, RRF (rapid response fund). C'est un programme qui a l'air d'être intéressant car nous sommes l'ONG qui va faire les évaluations sur le terrain pour connaître tous les besoins des populations déplacées (IDP pour intern deplaced population).
Nous avons donc le rôle d'oeil sur les régions du nord Kivu, Maniema et nord Katanga (regardez donc sur la carte). Alors nous ramenons toutes les infos du terrain dés que nous savons qu'il y a un déplacement de population pour raison de guerre essentiellement mais répondrons aussi en cas de catastrophes naturelles.
Je remplace ici notre ami Benoit, qui ma fois reste toujours le même et c'est un réel plaisir d'avoir un tuilage (formation pour une passation de poste) par un ami. Je l'ai retrouvé en forme, habitué à la vie congolaise mais à la fois blasé.
Le voyage s'est bien déroulé. J'ai été en compagnie d'un future collègue qui lui sera responsable distribution (moi je serais son logisticien/ administrateur) mon voyage a commencé par une belle frayeur, je croyais bien loupé mon train en direction de Bruxelles. Je voyais les rames de métro passé devant moi mais pas dans le bon sens. Je suis du coup arrivé 10 min avant le depart du train. Direction Bruxelles pour aller prendre l'avion pour Kigali (Capitale du Rwanda). Aéroport : dédouanement de marchandise, enregistrement, attente, décollage (youhou), voyage au dessus de la Suisse, Egypte... etc. dodo... atterrissage (reyouhou).... récupération de bagages, passage au douane (encore)... et chauffeur qui nous attendait pour aller à un hôtel.
Affaire posé, nous sommes allé au resto (un italien :( ) mais conseillé par notre ONG. De toutes façon, nous avions une feuille de route bien précise avec tant d'argent à claquer.
Ensuite après la nuit, départ pour Goma, ville limitrophe avec le Rwanda 3h30 de routes à travers ce pays à l'histoire riche et souvent pénible, mais qui se redresse. Il est appelé le pays aux 1000 collines et ce n'est pas pour rien. Que des collines à perte de vue avec une nature luxuriante, verte. Plus nous approchions de la frontière, plus le décor changeait pour passer de la grande ville Goma et la campagne faite de petite maison et marché communale, plus les routes devenaient difficiles.
Arrivé à la frontière, la ....c'était changement radicale. Route pourrie et défoncée (rare le macadam ici)... passé la formalité douanière, j'arrive à la base vie qui se trouve à ....100 m de la frontière.
Rencontre avec l'équipe qui se trouve dans une phase de transition. Ici il y a 4 postes qui se trouvent succéder par des nouveaux et nous avons la chance de pouvoir tous nous rencontrer. Alors la première soirée a été une fête (plutôt beuverie) qui c'est terminé à 5h30 du matin.
Le lendemain a été difficile mais le pire c'est que la fête a continué sur 4 jours pour finir par une soirée à la base vie de folie. Toute l'équipe de notre ONG s'est retrouvée à Goma (centre de coordination) pour une réunion et surtout pour tous se voir.
Alors ça été une soirée Pirate (où j'ai pu mettre en valeur ma belle cicatrice à l'épaule).
Mais maintenant, le boulot est parti, tuilage, formation, réunion (boulot ou sécu)... etc.
La ville de Goma se trouve tout prêt d'un Volcan, Nyiragongo. Réputé pour être le volcan qui crache le plus de gaz au monde (style souffre et fluor) pas forcement cool pour l'organisme (l'espérance de vie ici ne dépasse pas les 50 ans). J'ai l'occasion de pouvoir l'apercevoir au loin la nuit par sa lueur rouge qui colore le nuage constamment présent.
J'ai pu faire de nombreux tours dans la ville pour raison de log pour me dire que la vie ici est bien différente qu'en France. La situation sécurité ici n'est pas forcement des plus enviables.
Présence de la Monuc (casque bleu en intervention ici), ballet incessant des 4*4 des ONG et UN qui prouve bien les besoins de la populations ici.
Je parlais de la présence des casques bleus ici. Il est vrai que la situation sécuritaire en RDC n'est pas la mieux que l'on puisse imaginer. Mais ici à Goma, je suis un peu épargné par tout cela, car ça péte surtout en Iturie (A vos recherches... :) ) ici à Goma à 200-300 Km de la bas, nous avons les retombés (de ce que je sais bien sur) de cette guerre entre milice armée qui peut vite dégénérer.
Alors les règles sécu sont clair: pas de choses qui pourrait nuire à l'image de l'ONG, style pute et compagnie car nous sommes des privilégiés ici et il ne faut pas l'oublier et que le moindre de nos gestes sont observés et analysés.
Aussi pas le droit de sortir à pieds la nuit pour aller se balader. Si déplacement de nuit à faire (et presque même de jour) c'est forcement en 4*4 avec chauffeur qui nous attends ou au moins un moyen de communication avec la base. Toujours dire où nous allons au différent gardien qui sont à la maison et à la base.
La sécu ici est précaire, et quelle déception de savoir que je ne pourrais pas aller boire un verre dans un bar avec des autochtones. En tout cas, je verrais bien mais on me l'a vivement déconseillé.
Je vous laisse et vous embrasse bien fort
A toute
Kien-Vy, Log/ admin a Nyiragongo!!!
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