31/05/2005
Mission Africaine en Angola 22
Le 29 mars 2005
Bonjour à tous,
Tout d'abord pour vous dire que je vais bien... Très bien, la santé et tout...
Je ne sais pas si vous écoutez RFI la matin (journal Afrique), TV5 ou ARTE, ou lisez Libération ou Le Monde, car une information vous a peut-être échappée... Ici en Angola, il y a une "épidémie de Marburg", un virus proche de l'Ebola, donc très mortel...
Mais je vous rassure tout de suite, j'ai évacué ma base de Maquela mercredi dernier au matin, et toute la mission Angola c'est repliée sur KINSHASA (RDC) ce samedi/dimanche par précaution... Nous sommes donc hors de danger.
Les faits maintenant.... Depuis novembre 2004, il y a eu plusieurs cas de décès par suite de fièvres hémorragiques (type fièvre Ebola) sur la ville de Uige (Uige, 300km de Maquela, capitale de la province du même nom). Ces cas n'ont été rapportés que dernièrement, essentiellement parce que du personnelle médical de l'hôpital de Uige a commencé à décéder des mêmes symptômes. Un avis que je partage avec d'autres, c'est que tant que des villageois mourraient cela n'inquiétait pas les autorités médicales -- c'est normal de crever, c'est l'Afrique -- mais qu'avec la mort de plusieurs infirmiers/ères la panique a gagné.
Ceci est arrivé vers le 11 mars, nous faisions des rapatriements sur le ville de Uige, lorsque le Gouverneur de la province à bloquer tous rapatriements vers/depuis Uige. C'est là que nous avons appris qu'il y avait eu déjà plus de 80 décès à Uige et dans sa région. En moins d'une semaine, les soupçons se sont portés sur le virus Ebola, puis sur le virus MARBURG (de la même famille mais un peu moins virulent) après analyses en règle de prélèvements envoyer à l'étranger (Pasteur, etc.).
A ce jour, nous en sommes officiellement à 135 morts, en grande majorité sur Uige et ses faubourgs ; il y a eu quelques cas à Luanda (dont une infirmière italienne de l'ONG CUAMM qui travaillait à l'hôpital de Uige, et un portugais), 2 à Maquela (personnes qui venait de Uige) et un cas supposé à Mbanza Congo (tête de mission de notre ONG). Ce qui est "un peu" embêtant, c'est que l'OMS avait des données sur la flambée d'épidémique de cette fièvre hémorragique (non identifiée encore à l'époque) et ne les a pas communiquée, ni au HCR, ni aux ONGs... En janvier 2005, j'étais à Uige, alors qu'il y avait déjà une quarantaine de morts en ville... c'est un peu embétant.
Donc nous avons fouiiiiii..... Par ordre de priorité, nous justifions l'évacuation successive des 2 bases de notre ONG (Maquela do Zombo puis Mbanza Congo) pour les raisons suivantes :
(1) inutile de prendre des risques inutiles pour les expats avec une maladie inconnue et non contrôlé (=manque d'information rigoureuse).
(2) les missions sont gelées pour éviter toute propagation accidentelle du virus par nos déplacements, que ce soit nous camions, nos personnels, ou les réfugiés. Donc plus de mission logistique.
(3) mise en quarantaine de la ville et de la province : interdiction de circuler de province à province, d'aller à Uige, Luanda, etc... Nous avons préféré quitter nos bases avant une quarantaine stricte qui nous bloquerait sur place pour un temps indéterminé...
(4) fermeture progressive des frontières avec la RDC, qui cherche à se protéger de l'épidémie. Cela dit cela veut dire la fermeture des frontière au véhicule (poste frontière), mais pas au population qui passe forcement sur les cotés !!
(5) enfin l'argument massue, selon les ONG médicales sur place -- MSF, MENTOR, CUAMM, AHA – notre ONG n'étant pas une ONG médicale, nous sommes totalement inutile, voir même gênant dans cette période de crise...
Nous avons donc laissé nos bases en stand-by, avec un minimum d'activité pour répondre au besoin le plus urgent des partenaires (ONG médicales) sur place. Le HCR a quitté Maquela, et devrait quitter également prochainement Mbanza Congo. Les autres ONG ont été invités à partir aussi. Nous avons essayé tant que faire se peut de faire une évacuation "rapide" mais pas dans la panique, en laissant les maximums d'éléments pour le personnel pour continuer la mission sur place. Malheureusement comme toujours avec notre ONG, l'argent manque et nous n'avons pas pu payer tout le monde avant de "déguerpir". Nous espérons pouvoir leurs faire parvenir l'argent par la suite...
Parlons un peu de MARBURG... C'est donc un virus de la même famille que Ebola, une fièvre hémorragique qui tue vite (qqes jours) avec un temps d'incubation très court... C'est d'ailleurs sa faiblesse, car des bonnes précautions et une quarantaine efficace permet de circonscrire l'épidémie très rapidement, et 1mois, 1mois 1/2... Pas de remède, pas de vaccin, pas de traitement... seulement apporter les soins vitaux au malade : transfusion sanguine, traitement pour faire tomber la fièvre, etc. Le virus Marbour met en moyen 7/10 jours pour incuber et tuer le patient (maximum 21 jours). Cela commence avec les mêmes symptômes que le palu (maux de tête, fièvre, douleur musculaire, vomissements -- l'infirmière italienne du CUAMM avait été rapatriée sur la capitale Luanda pour une malaria sévère), pour finir par des hémorragies gastriques et la mort... dans 30% de cas en Europe (selon les spécialistes des maladies tropicales), et 80% des cas en Afrique. Dans notre cas, ce sont en majorité (75%) des enfants de 5 ans (le plus fragile, c'est l'Afrique!!)... Le vecteur de contamination sont tous les fluides corporels : sueur, urine, excréments, larmes, sang, secrétions sexuelles... Les plus exposé : les enfants et leur mères (quoique que les mères ne développent pas forcement Marbour après la mort de leur enfant), le personnel médical nous protégés, et les personnes qui s'occupent des funérailles (toilette du corps, embrassades, etc.). Les moyens efficaces de lutter sont : isolation stricte des patients, protection pour le personnel médical, quarantaine des villes et villages, mesures d'hygiène classique (se laver les mains régulièrement au savon, utiliser les latrines, etc.). Et une bonne dose d'espoir et de self-contrôle.
Voilà pour la situation. Je m'apprête à "pilote la mission" Angola en "remote" depuis la RDC et Kinshasa. Je ne pense pas retourner là-bas avant 30 ou 40 jours, le temps que la quarantaine soit levée et l'épidémie sous contrôle. Entre temps mon chef de mission sera reparti en France (d'ici une semaine).
Dernière chose, la fermeture de la mission n'interviendra que fin juin... Je reste donc sur l'Angola jusqu'à la fermeture de cette mission, et la passation des activités au UNHCR.
Salutations à tous.
Pas d'inquiétude inutile. Bye.
Oliv...
Kinshasa
17:15 Publié dans Extraits de Missions... Afrique , Extraits de Missions... Angola | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Solidarité Internationale et Locale
11/03/2005
Mission Africaine en Angola 21/21
24 janvier 2004
PETITE EXCURTION SUR LUANDA
J'ai fait la route retour avec mon collègue de M'banza Congo venu me cherche en Toyota Land Cruiser 105M, le standard ONUsien pour ce type de programme.
10 heures de route de plus en plus pénibles, à mesure que nous nous éloignions du "joyau" Luanda vers des marches excentrées, délaissées des lumières bienfaitrices de la capitale, voir encore insoumises. Le lendemain, je n'ai eu aucun problème pour trouver une place de libre pour les 15 min de vol entre M'banza et Maquela... Personne ne va à Maquela!!
Que conclure de ce voyage "capital"?... Que j'ai appris au bout de 15 jours via mon guide/contact sur place que je n'avais pas rempli le bon formulaire ; il a donc fallu refaire un nouveau dossier, nouveaux frais, nouveau délai de 2 semaines, et 15 jours supplémentaires sur l'amende de retard...
Que j'ai bien cru un moment avoir définitivement perdu mon passeport, l'ayant avec confiance confié au service "navette courriers" du HCR, et ceux-ci étant incapables de me dire où se trouvait mon pli ?!! Le responsable du HCR à Maquela, un peu surpris, m'a traité d'inconscient, lui-même ne faisant pas confiance à un service de l'UNO – bon, moi j'avais pas trop le choix, à part y retourner le chercher moi-même : avion + hôtel + frais, je vous laisse imaginer la facture!
Bon au final j'ai récupéré mon passeport 45 jours plus tard, à la mi-décembre... heureux comme tout de ne pas l'avoir perdu : tant de souvenirs dedans... Avec il y avait mon nouveau visa angolais d'un mois, qui expirait 4 jours plus tard !! Et une facture de 135$ d'amende de retard (à comparer au 30$ du visa lui-même). Je vous laisse imaginer le coût total de cette procédure, dans ce pays qui accueille si chaleureusement les ONGs...
Pour finir, nous avons décidé d'exercer nos activités... en illégalité, en infraction avec la législation sur les étrangers. Nous travaillons sans visa, sans passeport. Nous nous en sortons avec des "laissez-passer" du HCR et des ordres de missions "bidons", qui ne sont rien d'autre que des bouts de papier remplis de cachets qui en jettent... Mais ça marche, ça ferme le bec aux petits officiers de frontières et aux autorités qui nous contrôlent... Après tout, ils sont contents dès l'instant qu'ils ont pu contrôler des mundélés dans une voiture aux insignes du HCR...
Dernière précision : lorsque je me suis "un peu" plein de cette situation auprès du siège, l'on m'a fait gentiment comprendre que c'était "ça" la réalité du terrain, et que malheureusement le siège ne pourrait rien pour nous !! Nous étions les maîtres de notre destin, nous étions "LE TERRAIN" !!
Courage et optimisme...
A bientôt...
Olive
19:00 Publié dans Extraits de Missions... Afrique , Extraits de Missions... Angola | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Solidarité Internationale et Locale
09/03/2005
Mission Africaine en Angola 20/21
24 janvier 2004
PETITE EXCURTION SUR LUANDA
Luanda, c'est aussi sa baie, la magnifique "Ilha" (île) - une bande de sable étroite de plusieurs kilomètres qui ferme la baie - ces plages, ces filles, ces putes...
Un peu une vision "Capo Cabana" ! Je ne connais pas le Brésil, mais l'idée que je m'en fais colle très bien à ma première impression de Luanda : beaucoup de métissage - noirs, ébènes, "morenos", café-au-lait, blanc, latin, portugais, etc. - une jeunesse omniprésente, vivante et qui se la "pète" dans son besoin de consommation, des filles super-jolies, super court vêtues - waouuuu! - et super super sexy - rhaaaa lovely! - et le soir le ballet des voitures "made in tuning" sur le bord de mer.
Sans oublier les "favelas" qui entourent le centre de Luanda, refuge de ses populations défavorisées, avec leurs torrents d'immondices et d'ordures qui s'écoulent depuis les hauteurs des bairros vers le centre-ville et la mer.
Rapport à la faune féminine, jeune et occidentalisée qui croise à Luanda, il est évident que les 2 mois cloîtré à Maquela n'auraient pas pu me préparer à un tel choc : j'ai dans mon paysage quotidien surtout vu des femmes mûres, habillées de pagnes et de boubous, et très souvent aussi avec nos vielles loques européennes (du chiffon pour nous). Et la moitié est enceintée jusqu'aux yeux... Alors croire possible de côtoyer des Bimbos, des Lolitas et des Nymphettes tout les 10 pas... Hupppsss !!
Non c'est vrai que coté filles, il y a du choix à Luanda : pour tout les goûts et toutes les "bourses" (ah! mauvais jeu de mots). Et bien sûr il y a un commerce fleurissant qui va avec.
Le long de la grande artère qui remonte du centre et du front de mer vers l'Ilha, vers le bel Hôtel Panorama, il y avait incontestablement de quoi faire son marché : grandes, fines, grosses, typées, jeunettes... Seulement j'avais oublié que c'est un marché qui se fait en voiture... Les clients ramassent une belle, et vont faire leurs affaires plus loin dans un beau 4x4, une voiture rasée ou au polish parfait. Moi à pied je n'avais pas l'allure d'un client : les seuls à ne pas craindre de s'user les jambes en ces heures tardives étaient quelques rares joggers tout à leur entraînement, la tête dans le walkman. Alors moi un blanc, à pied le soir... Pas crédible... Bon, j'ai qu'en même eu droit à un "kiss", un clin d'oeil et un joli sourire en passant près d'une de ces créatures. J'ai rendu le sourire... et j'ai continué mon chemin : problème de "standing".
Juste à coté de l'Hôtel Panorama se trouve un petit parking poussiéreux, mais qui à l'avantage de faire face à la baie dans obstruction. Quelques 4x4 intrépides se risquent même à enjamber la bordure pour aller planter leurs roues sur la plage, aux pieds des vaguelettes. Sur les eaux calmes de la baie, les immeubles éclairés du front de mer juste en face lacent leurs feux... C'est calme, féerique, propice aux âmes romantiques et aux amoureux. Et ce doit d'ailleurs être la fonction principale de ce parking situé nul part, car le soir venu c'est un ballet de belles voitures et de belles filles je pense, parfois dérangées par un duo de flics en chasse des bonnes moeurs et de la prune facile... alors là, ça décampe vite.
Du haut des baies vitrées de mon hôtel voisin, j'ai pu observer quelques unes de ces scènes... Je n'avais pas grand chose à faire de mes soirées, je n'étais pas de ce monde...
Une scène pourtant a gravé ma mémoire plus que de raison, sûrement en raison du coté gloquasse de la situation.... Une belle voiture noire était plus à l'écart que les autres, un peu dans l'ombre, juste sous les grilles de l'hôtel. Rien ne se passait... Rien ne laisser penser qu'il pouvait se passer quelques choses non plus! Jusqu'à ce que la portière arrière droite du véhicule s'ouvre, et qu'en sorte un grand noir émincé et finissant tout juste de rajuster son "ben".
A l'arrière de la voiture, une cuisse claire métisse reposait sur la banquette. L'homme, torse-nu, pied-nu, jette un truc dans le caniveau, entreprend quelques mouvements de gymnastiques pour se détendre, et va prestement se soulager le long des grilles de l'hôtel. Il prend bien soin de se secouer longuement la bite... Il retourne à la voiture, monte à la place du passager avant, enfile sa chemine blanche, relâche ses mocassins, époussette la poussière, ressort, se réajuste, se fait beau dans le rétroviseur. Droit, noble, élancé, il a l'air content de lui, satisfait... Il hume l'air marin tout en s'en fumant une petite pour la route. La fille sur la banquette arrière n'a toujours pas bougé, ni apparue... Puis l'homme s'active, claque la portière arrière, prend le volant et démarre pour je ne sais où. C'est fini...
Je pense qu'il a galamment redéposé la fille à son travail...
Lorsque j'ai raconté la scène à mon guide/accompagnant le lendemain, celui-ci m'a bien fait comprendre qu'ici (où? à Luanda ? en Angola ? En Afrique ?...) il y avait une distinction entre "coeur" et "sexe", mais que les deux cohabitaient très bien. Comme il me l'a fait remarqué : j'ai une "girldfriend for love", mais le reste "it's just for sex!". J'ai voyagé, vu plein de choses, des plus glauques aux plus surprenantes, et pourtant je n'arrive pas à me faire à cette état de fait. Pourquoi tant des questionnements ? Pourtant je le sais, c'est le cul qui fait tourner le monde... Après l'argent et le pouvoir... Ca se vérifie partout...
Et malheureusement les pauvres, c'est à dire le plus grand nombre, n'ont que leurs culs à jouer dans ce monde !!
…à suivre…
Olive
19:00 Publié dans Extraits de Missions... Afrique , Extraits de Missions... Angola | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : Solidarité Internationale et Locale
07/03/2005
Mission Africaine en Angola 19/21
24 janvier 2004
PETITE EXCURTION SUR LUANDA
J'ai donc effectivement passé 4 jours de glande dans l'une des capitales les plus chère d'Afrique, et attendant de repartir sur Mbanza Congo avec mon chef de mission, providentiellement venu à Luanda par la route pour affaire personnelle. Mais je n'ai pas passé ces 4 jours dans un hôtel tout confort à 100$ la nuit... Je n'avais plus les moyens de ce standing... Je me suis retrouvé au superbe Hôtel Panorama, un hôtel "has-been" dans le style soviétique : une barre de 3 étages, aseptisée, avec tous confort en 1975 !!
Si cet hôtel avait pu représenter ce qui se faisait de mieux pour les classes populaires avant la guerre, il n'était plus aujourd'hui que l'ombre de sa splendeur passée : la moitié des chambres inoccupées et vandalisées, les étages du haut étaient occupés au mois par de vieux colons, et celles du bas semblaient plus réservées au commerce de la chair.
Pour 44$, j'avais droit à une porte défoncée, une baignoire piquée de rouille, pas d'eau chaude, parfois pas d'électricité, des moustiques, et des draps gris et limés à force d'être lavé et relavé...
Par contre, j'avais une superbe vue sur la baie de Luanda, avec de l'autre coté de la "flaque" un fond de mer illuminé avec ces vieux immeubles coloniaux. Je pouvais aussi profiter de la vue sur les ghettos de pêcheurs juste à coté, les clôtures renversées et défoncées de l'hôtel, ou encore sa piscine "plein-air" où finissait de pourrir ce que les clients de l'hôtel n'estimaient pas nécessaires de mettre dans leur poubelle.
Un soir même le gérant n'avait rien trouvé mieux que de louer le hall du RdC pour une grande soirée jeune... Une nuit entière de techno, de sono à fond, d'alcool, de bagarres, de verres cassés, de flaques de vomis et des jeunes qui montent chier dans les chambres à l'abandon (ou pour autre occupation, qui sait!). Je plains le personnel de ménage qui a à récupérer les lieux le lendemain matin... Et je peste contre cette nuit chère payée où il n'était pas possible de fermer l'oeil...
Luanda est pleine aussi de belles choses... Des choses qui semblent "extra-ordinaires" pour qui arrive de sa campagne profonde - comme moi. Luanda c'est la vitrine de l'Angola, la ville où résident tous les blancs, tous les commerçants, tous les affairistes qui vivent de l'exploitation du pétrole angolais, du diamant angolais, de l'or angolais, des minerais angolais... Pas étonnant que tout y soit si cher.
A Maquela do Zombo, il y a un marché modeste où l'on ne trouve presque rien, rien que le principal : cigarettes, bières, coca (et encore), sardines, biscuits... A Luanda, c'est magasins de luxe, commerces partout, gros 4x4 -- pas les tout blanc des UN, les autres avec clim', chrome et toutes options -- grosses cylindrées "Allemandes" dans les rues, bons restos, quelques yachts dans la baie, et j'en passe. Autant dire que j'étais sur le cul !!
Et lorsque vous dites autour de vous que vous travaillez à Maquela do Zombo, en A.N.G.O.L.A, on vous répond : "c'est où!". Pour les angolais de Luanda, il n'y à que Luanda, et quelques belles plages 50Km plus au sud. Le reste ils l'ignorent pour la plupart... Je ne suis pas que beaucoup d'entres eux sachent de 600Km plus au nord vivent des gens sans ressources, des angolais comme eux, dans de toutes petites cabanes de terre, qu'ils s'éclairent au pétrole, mangent quotidiennement du manioc mis en farine contre des pierres, et cuisiné avec l'eau du ruisseau pour donner la bouillie du fu-fu...
Des sauvages somme toute !!
…à suivre…
Olive
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05/03/2005
Mission Africaine en Angola 18/21
24 janvier 2004
PETITE EXCURTION SUR LUANDA
Bon.... Comme je le disais bcp bcp plus haut, j'étais à Luanda pour faire prolonger mon visa Angolais d'un mois supplémentaire. Je savais déjà que j'allais devoir payer 45$ d'amende de retard, pour un visa qui n'en coûtait que 30$.
Et comme toujours rien n'est simple : il faut aller à un bout de la ville, à la Direction de l'Immigration, pour acheter le formulaire (7$) sur lequel vous ferez votre demande ; puis remplir ce même formulaire en portugais, dans la rue, sans aucune notice explicative ; enfin partir à UTCHA à l'opposé de la ville pour déposer sa demande...
Là, en bas d'un immeuble de l'administration, une entrée minuscule aménagée en salle d'attente. Il y a du monde... si tous les expats du pays doivent renouveler leur visa chaque mois, ça fait effectivement du mouvement.
Par contre, je suis le seul "mundélé" (blanc) : les autres ONGs préfèrent envoyer une personne de leur staff local, eux ils sont habitués à attendre!! Et pour attendre, il faut attendre. Attendre que quelqu'un daigne vous parler à l'hygiaphone, attendre qu'une fonctionnaire veuille bien prendre votre dossier en charge... C'est pas évident. Il faut pousser des coudes, prier, s'abaisser, supplier presque. J'ai tout le temps de détailler le mur de casiers sur ma droite, où sont repris les noms de toutes les ONG, associations et organismes internationaux présents en Angola... J'égraine les sigles un par un, j'en reconnais beaucoup - tiens! Ils sont en Angola ceux-là ! Il y en a plus de 100. Quelques casiers sont pleins de papiers et notes de service non lues... soit l'ONG ne vient pas souvent, soit elle a quitté le pays.
Au bout d'une bonne grosse heure, mon "aide" (le chauffeur qui me sert également de guide et d'agent administratif) finit par "pouvoir" déposer le dossier. Je vous passe tous les petits problèmes techniques : photocopies à faire dans la rue - photos d'identité supplémentaires et non prévues - une rature un coup de Tipex et hop! Retour à la case départ pour racheter un nouveau dossier vierge à l'autre bout de la ville, etc.
Sans compter les 30$ du visa qu'il faut déposer au guichet d'une banque bien particulière, et bien sûr bondée... Mais le plus dur ce ne fut pas ces problèmes de papeterie... Car j'apprends que la procédure de dépôt des dossiers vient de changer, et qu'il faut compter une semaine avant que le dossier ne soit envoyé aux services de l'immigration.
Bref je ne risque pas de revoir mon passeport avant 15 jours !!
Là dessus, l'emploi d'UTCHA me précise bien :
"Maintenant vous ne pouvez plus quitter Luanda tant que vous n'avez pas récupéré votre passeport, sinon vous êtes en infraction !! Vous devez attendre ici..."
"Du Con", tu crois peut-être que mon boss va me laisser 15 jours à glander dans un palace à 100$ la nuit ? Tu crois peut-être que je vais refaire exprès le voyage à Luanda tous les mois pour cette procédure débile !!
Mais en même temps que je fulmine, je prends conscience que je n'ai effectivement plus de passeport... Je n'ai même pas de copie certifiée sur moi... Je blêmis... Comment prendre l'avion ? Comment sortir du pays ? Comment passer le barrage à l'entrée de l'aéroport militaire !! Bad things !! Again...
Avec un peu de chance, une partie de ces problèmes ont trouvé une solution. Moyennant finances, un agent notarié a certifié conforme une photocopie de mon passeport à partir de... rien ! Vive la copie couleur... Pour accéder à l'avion, là non plus je n'ai pas eu de soucis : le vol retour du PAM avait été annulé au profit d'une délégation des UN, sans bien sûr que j'en sois averti ! Je ne l'ai appris que 2 heures avant...
Résumons : je suis venu à Luanda 2 jours pour faire renouveler mon passeport, avec juste ce qu'il me fallait d'argent. Entre temps, j'ai perdu mon passeport (dans une administration) - j'ai dépensé tous mon fric en hôtel, repas, frais de visa et autres coûts administratif - je ne sais pas comment rentrer à Maquela - et je ne peux pas prendre un avion... Il vaudrait même mieux que je me fasse petit... Heureusement, j'ai eu la mauvaise idée d'aller demander de l'aide au bureau du HCR à Luanda... après tout nous sommes partenaire!!
Et je ne me suis pas adressé à n'importe qui : au responsable des programmes HCR pour l'Angola... Un type qui présente bien, rondouillard mais souriant, qui parlent toutes les langues... et m'a fait clairement comprendre que j'étais une merde, irresponsable et inorganisé, et que mon ONG ne valait pas mieux puisqu'elle m'envoyait sans argent "à la grande ville". Bon après m'avoir fait la moral, il m'a proposé de me prêter 200$ à titre personnel - j'avais 5 jours à attendre avant le prochain avion... J'ai réfléchi à la somme : 200$... C'était pas le genre de type à dormir dans des hôtels** à 100$ la nuit... Et puis il doit facilement émarger à 15.000$ par mois ce ponte... Bref il me faisait l'aumône... J'ai remercié, me suis excusé, et suis parti... Je me débrouillerais bien tout seul avec ma Carte Bleu perso.
…à suivre…
Olive
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27/02/2005
Mission Africaine en Angola 17/21
24 janvier 2004
PETITE EXCURTION SUR LUANDA
Mon premier soucis à Luanda fut d'ordre logistique...
Personne n'avait prévu de venir me chercher dans l'enceinte de l'aéroport militaire, ou alors les directives avaient été mal données. Pour tout dire, mon ONG n'avait aucune représentation à Luanda, et je n'avais pas tout compris au rôle ou à la fonction de la personne que j'avais appelé au téléphone Satellite, la veille, pour lui annoncer mon arrivée.
Autour de moi, tout le monde sortait son cellulaire dernier cri - ceux-là même qu'on voit au cou des gamins de Maquela que dans leur version light "calculatrice" - et s'informer de la venue de leur "lift". Moi j'étais là comme un con avec mes a priori. On aurait proposé de m'en vendre un que j'aurais flairé l'arnaque...
Bref pas de voiture, pas de navette du HCR, et pour le coup rien que des gens qui parlent portugais. Rage...
Mon sauveur a été Martins, un consultant technique route travaillant pour le HCR à Luanda. Il était venu à Maquela 5 jours plus tôt pour faire une évaluation de l'axe Maquela-Kindolopo-Beu (impraticable). Je l'avais conduit à notre avion ce jour même, 3 heures plus tôt... Là pour le coup, il m'offrait généreusement la benne arrière de son pick-up... Mais c'était toujours mieux que rien. Il me déposerait au bureau du HCR de Luanda, et là... à moi de me débrouiller.
En fait de gros village, je me retrouve dans une vraie ville du "Sud". Des routes à doubles voies, des ponts, des échangeurs, beaucoup de circulation, de poussière et de moteurs mal réglés. Tout autour les marques incontestables d'une population urbaine qui (sur)vie là, avec des moyens limités : immeubles crasseux et insalubres, façades tristes et délabrées, linges aux fenêtres, paraboles sur les toits, groupes de jeunes dans les rues, voitures bricolées, décharges de fortune et trous de boue un peu partout. Malgré ce petit coté tiers-monde, Luanda reste l'une des capitales les plus chères du monde - la 4ème il paraît - bien plus chère que Paris... mais ça je ne l'ai compris que plus tard. Arrivée à bureau du HCR Luanda, une jolie assistante m'a porté secours en essayant de me trouver un hôtel pour la nuit... Elle était un peu pressée, il était 17h pile, et tous les rats quittaient le navire... C'est là que j'ai compris mon malheur étant donné l'épaisseur de mon porte-feuille.
"Le Continental, ça vous va ? C'est propre, il y a de la place. C'est 200$ la nuit.
-- Heu ! Non merci Miss, n'y a-t-il pas un peu moins cher SVP ?
- Si, si... ding! Allô... Le Globe, c'est pas mal non plus ! 150$ la chambre...
-- Heu non Miss, désolé, mais n'y aurait-il pas un petit hôtel moins cher ?
- Ca risque de pas être bien... attendez je cherche... Zut tout est complet ! Attendez, il reste une place à l'UNIVERSO, c'est 85$...
Je me voyais déjà dormir dans la rue...
-- Allez bon! Va pour l'Universo, après tout, c'est l'ONG qui paye...
A "seulement" 85$ la nuit, je me demandais bien, sur quel hôtel miteux j'allais tomber... En professionnel de l'aventure, j'avais tout prévu, mon drap, ma moustiquaire, ma serviette de toilette, même de la lessive pour laver mes frusques...
La rue était sombre, la façade de l'hôtel quelconque. On s'est garé devant la porte et le tapis rouge, surmontée d'un baldaquin. La lourde porte vitrée arborait quelques cuivres mal astiqués. Le portier ne nous a pas ouvert... Peut-être que je faisais "plouc" avec mon sac à dos poussiéreux, mon pantalon "ranger" et mes chaussures tout terrain. Toujours est-il que je me sentais bien comme tel !!
Je me suis passé machinalement la main sur le crâne, pour voir si je n'avais pas encore un peu de la paille... Le hall de l'hôtel Universo est vaste, correctement décoré et meublé, mais ça n'en jetait pas plus que ça... On aurait dit un Grand Hôtel jadis qui n'aurait pu continuer à assurer le coût financier de son standing.
De toute façon, j'étais agréablement surpris (à part le prix de la chambre), et la suite allait me le confirmer. Rien à voir avec la réception crasseuse et délabrée de mon imaginaire. A l'étage, au bout d'un couloir d'immeuble banal, une chambre plus que correcte : des draps propres, la clim., TV-satellite, un frigo, une bouteille d'eau gratis. Et puis surtout une salle de bain avec baignoire et EAU CHAUDE... Le rêve... Ma première douche chaude depuis 45 jours...
Le lendemain, je n'avais pas encore bien réalisé que j'avais changé de monde, que je n'étais plus en Afrique : j'étais à Luanda ! En descendant de ma chambre, j'avais faim et je me demandais bien où je pourrais prendre un café. Je tournais en rond... J'avais bien vu plus loin la Salle à Manger de l'hôtel, et en m'y aventurant un instant j'y avais même aperçu plusieurs personnes en train de petit-déjeuner... Mais ça devait être cher ! Vraiment je n'étais pas coutumier de ces situations... je continuais à tourner en rond en attendant mon chauffeur et un éventuel café, lorsque soudain ça a fait "TILT"... Je me suis approché du zinc de la réception... j'ai lancé à la jolie réceptionniste, avec mon beau sourire niais : "is the breakfast include in the room?". "Of Course Sir" m'a-t-elle répondu (traduction: "Mais! Bien sûr... ducon!!"). J'me suis gratté l'oreille, y'avait encore un reste de paille qui me gênait!! Je suis parti vers le Restaurant, et je me suis goinfré... 85$ la chambre qu'en même, faut en profiter!!
…à suivre…
Olive
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25/02/2005
Mission Africaine en Angola 16/21
24 janvier 2004
PETITE EXCURTION SUR LUANDA
L'aventure que je vous conte maintenant date déjà d'il y a plusieurs mois, de la fin octobre 2004 pour être précis.
Je n'étais sur le terrain que depuis un mois et demi, et je n'avais rien vu d'autre de l'Angola et de cette partie de l'Angola que Maquela do Zombo: le village de Maquela, le marché de Maquela, les bairros (quartiers) de Maquela, avec leurs petites cases en brique de terre, leur toit de tôles ou de paille, serrées les unes contre les autres sur les pentes ravinées de la colline... Mais aussi Maquela et ses vertes collines alentours, Maquela et ses routes impraticables qui semblent ne vouloir mener nul part... Bref je n'avais rien vu de l'Angola, que la misère et le dénuement qui formaient mon paysage quotidien.
Après 1 mois passé en Angola à Maquela, je devais descendre sur Luanda pour faire renouveler mon visa. Et oui, ici les ONGs sont accueillies à bras ouverts ; vous avez le droit à un visa initial d'un mois, et gracieusement renouvelable 2 fois (soit 3 mois maximum). Après quoi vous avez le droit et le devoir de rentrer au pays pour redemander officiellement un nouveau visa (d'un mois pas plus) depuis "chez vous". Mais si... le gouvernement angolais nous aime bien... Il a même créé une unité ministérielle spéciale pour s'occuper de nous : l'UTCHA (Unita Technica de Coordinação Humanitiria Angolano). Bref, cela voulait dire un petit voyage de plusieurs jours, et l'occasion de voir autre chose que le bush...
Plaisir que ne peuvent savourer les représentants du HCR qui ont des visas diplomatiques... Dur pour eux...
Pour aller à Luanda, capitale de l'Angola située à environ 650Km de pistes et de goudrons de Maquela, mieux valait ne pas songer à une solution terrestre... Nos camions mettaient 4 jours au mieux pour couvrir cette distance aller. La solution c'était de prendre l'avion du PAM (WFP), gratuit pour les partenaires du HCR, qui vous emmène en moins de 2 heures de temps au centre de la capitale, à l'aéroport... militaire (mais qui jouxte l'International Airport). 2 heures de vol dans un coucou bi-moteur 12 places, qui joue à cache-cache avec les nuages et les gros cumulo-nimbus...
Malgré le radar et la dextérité du pilote sud-africain, vous avez de bonnes chances d'être secoué. Mais d'abord il faut monter dans cet avion, car si vous êtes partenaires du HCR et des UN, vous n'en êtes pas pour autant prioritaire... loin de là.
Et lorsqu'il y a une place pour vous, c'est l'avion qui ne vient pas parce qu'il pleut trop sur Maquela... Bref, patience...
Je finis donc pas monter dans cet avion avec 2 semaines de retard, et déjà 15 jours de pénalité pour avoir dépasser la date d'expiration de mon 1er visa (soit 15x5$ = 75$ d'amende... Bad!).
Ne sachant pas que trouver à Luanda, je m'étais enquerri de quelques informations auprès de mon chef de mission, qui lui avait fait plusieurs fois le "périple"... Tu verras m'a-t-il dit: "C'est sale, super cher, et les hôtels à 100$ la nuit sont miteux... Amène ta moustiquaire et tes draps !"
Dans mon imaginaire aventurier, je faisais automatiquement défiler des images souvenirs de mon périple en Afrique de l'Ouest, essayant d'imaginer à quoi pouvait bien ressembler "cette" autre capitale africaine, Luanda ?! A Bamako ou à Niamey ? Des capitales poussiéreuses sans aucun bâtiment à étages, des rues cassées, des auberges où l'on peut payer sa nuit à l'heure, l'ambiance glauque des chambres pour prostituées, sans commodité ni rien !! Mixant tout ça avec ma vision actuelle du terrain, je me suis dis que Luanda devait ressembler à un gros Maquela, avec quelques immeubles en plus. Peut-être même avaient-ils la chance de disposer de l'électricité et du téléphone que nous n'avions pas ici...
Déjà en cours de vol, j'avais été surpris. Lors du survol de la ville de Uige, capitale provinciale de la province du même nom (Uige), j'avais bien cru remarquer 2 ou 3 immeubles de taille respectables (5 étages au moins), et peut-être même des routes goudronnées.
Mais à l'approche de Luanda, là ce fut la surprise...
Une ville immense, si immense que du ciel je n'en voyais pas les limites... Une ville africaine certes, sans un bâtiment pour dépasser l'autre, mais des quartiers et des bairros surpeuplés à perte de vue. Des routes inondées, une circulation folle, la poussière et la chaleur... Et au loin vers l'Ouest, la mer, l'océan, la coté, avec ces grands immeubles, son port, quelques plates-formes off-shore, et tiens!... plusieurs gros bateaux échoués ou couchés sur le flanc...
Nous nous mettons en approche de l'aéroport international avec sa piste principale qui se distingue nettement comme une grande cicatrice au milieu des banlieues populaires... Ca y est, on a touché le sol... L'avion continue à rouler, dépasser l'aérogare international, et stoppe finalement aux milieux des gros porteurs du PAM - Antonov et Tupolev gigantesques - des avions écoles de l'armée de l'air et d'une moitié d'hélicoptère pour la troupe qui doit servir de mécano géante à des élèves mécaniciens de l'Air.
J'étais à Luanda.
…à suivre…
Olive
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23/02/2005
Mission Africaine en Angola 15/21
18 janvier 2004
LES RAPATRIEMENTS DE JANVIER 2005
Reprise d'activité ou pas, les rapatriements pour 2005 s'annoncent mal. Lors de sa dernière réunion, le bureau du HCR nous a assommé avec des tableaux de chiffres sur des prévisions de retour volontaires pour 2005. Ces estimations risquent de subir la même déflation qu'en 2004.
La réalité pour 2004, c'est que sur les 90.000 réfugiés angolais en RDC, au Congo, en Tanzanie et en Namibie, candidats au retour, seulement 47.000, autant dire la moitié, est effectivement rentrée au pays.
Ces prévisions avaient déjà été ramenées à 60.000 en cours d'année, et le HCR reconnaît que les objectifs n'ont pas été atteints.
2005 sera une année charnière... Le financement du HCR Angola et de ses opérations ne sont pas assurés pour 2006. Si les résultats ne suivent pas en 2005, il n'y aura rien l'année prochaine...
Ceci explique en parti pourquoi notre ONG en RDC et Angola ont du organiser en octobre 2004 le rapatriement "symbolique" de quelques 800 réfugiés sur la "municipe" de Maquela, dans les conditions déplorables que je vous ai déjà narré... Et l'on remet ça cette année : 850 réfugiés à ramener chez eux depuis les camps de Ngidinga en RDC (35 Km de la frontière) vers la commune de Beu, ex-fief de l'UNITA, à 80 Km plus à l'est de Maquela... Et tout cela dans des temps record (2 semaines), dans une fenêtre météo improbable de 30 jours où il est sensé ne pas pleuvoir, d'après les populations indigènes... L'année dernière, cette "petite saison sèche" avait un mois de retard !! Mais comparer aux rapatriements de l'année dernière, la donne est différente. Beu, ce n'est pas Maquela. La route, ce n'est pas la même...
Beu était l'ancien fief de l'UNITA, la base arrière des rebelles de Samenbi. La ville et sa région ont été copieusement bombardée et minées. Les populations ont fui (en partie au Congo), et la région est actuellement complètement enclavée, éloignée de tout (entre plus que Maquela), délaissée totalement du pouvoir à Luanda (qui ne voit pas d'un bon oeil cette ancienne région rebelle) et du pouvoir Provincial, incapable et corrompu. Si a Maquela il n'y avait rien, à Beu c'est moins que rien. Pas d'école, pas d'infrastructures administratives, peu d'infrastructures de santé (elles sont privées ou traditionnelles), pas de route, pas d'accès... Il n'est même pas sûr que les réfugiés eux-mêmes acceptent de retourner à Beu (après tout, ils sont volontaires, même si le HCR les pousse un peu...), car en RDC dans leur camps, ils ont la santé et la scolarisation des enfants!! Quand à la route directe Maquela-Beu, elle a été bombardée, minées et jamais ré-ouverte. Pour cela il faudrait d'abord reconstruire un pont de plus de 20 mètres de portée, chose impossible ici, même pour des ONG spécialistes.
Alors nous seront obligés de faire un détour de 120 Km par la RDC au Nord, pour finalement redescendre sur cette localité... Mais quelle route ! La piste entre la frontière RDC et Beu est coupée par plus de 20 rios, des rivières plus ou moins larges, profondes, tumultueuses... Aucun pont ne subsiste des années de guerre. La route elle-même n'a encore jamais été empruntée par un camion lourd (utilisé pour les rapatriements) depuis la fin de la guerre... Et si nous n'avons jamais eu d'incidents de mines avec le passage des 4x4, nous n'en avons encore jamais fait l'expérience avec un poids lourd...
Alors voila où le HCR nous demande d'organiser un rapatriement. Les pluies des derniers mois ont tout cassé, les zones d'enlisement et d'embourbement sont nombreuses (nous en avons fait l'amer expérience), la restauration des ponts et la réhabilitation de l'axe est loin d'être fini par les Obras Publiças Angolana, les travaux publics Angolais...Or c'est le HCR Angola qui a commandité la réhabilitation de l'axe aux Obras Publiças, ne voulant pas laisser ce chantier à "ceux qui en était capable". La réhabilitation de la route de Beu n'avance pas, et l'on sent bien que ces rapatriements vont se faire très difficilement, voir pas se faire du tout. La faute à qui ? Au commanditaire, le HCR... Pas si sûr...
Car évidemment, ces "sans-couilles" du HCR vont forcement se défausser ; ils cherchent déjà des responsables, des "fusibles" : c'est la faute à l'ONG untel qui n'a pas fini son chantier à tant, c'est la faute de la météo, c'est la faute des routes, c'est la faute à "pas de chance" !!
Non, C'EST LA FAUTE DU HCR, et accessoirement du Gouvernement angolais qui n'en à rien à foutre des routes et de cette région éloignée, de promettre des chiffres de rapatriements aux bailleurs (l'ONU, l'Europe, ECHO, ...) en sachant qu'on n'aura pas les moyens opérationnels (les conditions de route) pour les faire.
Les routes, c'est vraiment le problème n° 1 ici : sans route pas de communication, pas de désenclavement, pas d'échanges, pas de commerce, pas d'activité économique, aucune embellie possible... C'est la mort, le statut-quo !! Déjà dans d'autres provinces limitrophes, pour d'autres camps de réfugiés au Congo, en RDC ou en Tanzanie, le HCR commence à envisager la possibilité de faire des ponts aériens, des "airlifts"... Enfin, ils y pensent!! Ou encore de simplement ramener les réfugiés à la frontière, de leur donner de l'argent, et hop "démerdez-vous avec vos jambes et les moyens du bord en Angola"...
Tout ceci est à pleurer, surtout quand je relis notre contrat de partenariat avec le HCR, et les paragraphes sur l'éthique, la dignité humaine, le devoir d'assistance et de protection de réfugiés... Oups..Je vomis !!!
Tous ces gens là des UN n'en ont rien à foutre. Ils sont là pour l'argent, ils sont là pour la carrière et les gros salaires, des salaires indécents pour l'endroit. C'est tout à fait le genre d'individu méprisable, sans couille, sans valeur, gagnant plus de 100$ par jour, et se permettant de négocier le salaire des ouvriers en dessous de 4$ /jour, en les traitant de FAIGNANTS !! Et je suis désolé de le dire pour mes frères de couleur, ce sont tous des africains, des africains de l'école "corruption & consort", emprunt des idéaux libéraux de notre Occident qu'ils admirent!! Beurk...
Voilà où nous en sommes... Nous ne savons pas si ces rapatriements se feront, ni quand ils se feront. Nous ne savons pas qui donnera le "top" départ, qui décidera si la route est sûre, si les camions peuvent passer en toute sécurité avec des réfugiés, ou alors si c'est un risque acceptable de voir un camion plein de réfugiés se renverser dans une rivière, ou sauter sur une mine qui aurait échappé à un déminage superficiel. Nous verrons, nous attendons... La seule chose que nous savons d'avance, c'est que ça ne sera pas la faute du HCR si cela rate, et uniquement son bénéfice si cela réussit. D'ailleurs les principaux représentants du HCR sur nos terrains ont déjà planifiés leurs vacances pour la période des rapatriements... Ils rentrent tout juste de leurs congés de Noël... Les réunions de coordination vont se succéder, commençant invariablement par "nous avons 848 réfugiés à rapatrier depuis.... Nous avons 848 réfugiés à ....", mais évitant soigneusement les questions qui fâchent, la réalité opérationnelle insatisfaisante, et surtout LE MANQUE DE PRISE DE DECISION ET DE RESPONSABILITE...
…à suivre…
Olive
19:00 Publié dans Extraits de Missions... Afrique , Extraits de Missions... Angola | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Solidarité Internationale et Locale
21/02/2005
Mission Africaine en Angola 14/21
18 janvier 2004
Les choses ne manquent pas pour raconter le programme de retour des réfugiés angolais, ni sur l'Angola même où la vie ici à Maquela do Zombo. Tout comme mon envie d'écrire reste intact... Seulement voilà, la lassitude, le travail, une certaine désillusion font que j'ai de plus en plus de mal à me mettre devant mon clavier. Et puis il y a aussi le coté "déjà vue" : on finit par s'habituer à tout, à l'anormal... On ne se révolte plus... On ne raconte plus. Alors ce soir je fais un effort pour vous narrer quelques unes de nos tranches de vie ici à Maquela do Zombo. Peut-être qu'en accumulant les lignes, la fringale d'écrire me reviendra...
LES ACTIVITES EN 2005
2005 a mal commencé pour notre ONG en Angola...
Il est vrai que nos "petits" problèmes peuvent paraître dérisoire au regard des GRANDS malheurs qui ont endeuillé le monde en ce début d'année, mais vivant loin de tout et plus particulièrement des médias et de la presse internationale, notre attention était toute entière portée sur nos problèmes de budget avant que nous n'apprenions que bien plus tard la catastrophe du tsunami...
Revenons donc à nos nombrils... L'année a mal commencé, sans budget, sans argent, sans activités, sans objectifs. Pourtant nous avions travaillé tout fin 2004 pour présenter au HCR un budget 2005 valable et viable. Nous avions budgété, refait les calculs, inventorié, consolidé les comptabilités jusqu'au dernier moment, tout cela pour avoir les meilleures informations et la meilleure projection possible pour 2005.
En cela nous avions également répondu au "maître mot" du HCR Angola : "pas de cessation d'activités durant les fêtes de fin d'année, le travail et les activités en faveur des réfugiés doivent continuer !!" Traduction en clair : vous restez sur le terrain et vous bossez. Bien chef !!
Résultat : les UN et les HCR ont été les premiers à se barrer en vacances (qui au Cameroun, qui en Europe, qui aux USA), et depuis le 15 décembre, il n'y a plus aucun responsable sur le terrain...
Nous sommes le 14 janvier, le "Field Officer" vient seulement de rentrer hier de ses congés au Cameroun, pour finalement repartir dans 15 jours... Fred et moi, braves petits soldats sommes restés ici à Maquela pour Noël et Jour de l'An à "nous faire chier", profitant des festivités "folles" qui animent cette bourgade en fin d'année... 21h, dodo, au lit !!
Mais tout cela aurait pour servir, être un "sacrifice" utile. Nous étions dans les starting-blocks, et nous espérions bien redémarrer les activités dès le 3 janvier venu. Pour cela nous avions un budget béton. De l'avis même du Responsable du HCR pour le Nord de l'Angola, nous avions tous les atouts en main : "vous, je ne vous aime pas, mais vous êtes les moins cher et les plus efficaces, et le HCRne peut pas se passer de vous".
Après cette déclaration de foi, nous attendions sereinement la confirmation et le vote du budget pour 2005. Le HCR nous avez promis "grand dieu dernier délai" une réponse avant Noël, mais les connaissant eux, leur fougue au travail et leurs promesses non tenues, nous nous étions dit : "à coup sûr ils nous donneront la réponse au dernier moment, le 3 janvier..." Et de fait le 3 janvier 2005, nous apprenons laconiquement par un canal d'information détourné que "le HCR ne souhaitait plus continuer avec nous en Angola - pourquoi ? - mais comme nous étions indispensables et incontournables, cela serait bien si nous restions encore 3 mois de plus, le temps pour le HCR de nous trouver un remplaçant, et surtout pour continuer à réparer leurs 4x4 et à faire le boulot dont ils sont incapables". Tout cela dit sans guère plus de formes.
Le soucis c'est que derrière ce discours "foireux" il n'y avait rien de concret : aucune proposition de budget, aucune prévision d'activités, aucun mandat officiel. De fait, nous sommes restés "hors activité" durant une semaine. Pas d'argent, pas de mandat, pas d'activité... C'est d'ailleurs ce qui a du faire bouger leur cul à ces messieurs de Genèvre et de Luanda, que notre ONG ne mette plus d'essence dans leurs 4x4 et ne répare plus leurs générateurs... Là oui on les tenait pas les couilles...
Nous avons finalement obtenu cette semaine à l'arrachée une "Lettre d'Intention Officielle du HCR" nous demandant de poursuivre nos activités de l'année passée, nous couvrant juridiquement et financièrement jusqu'à fin janvier 2005, le temps pour le Siège de proposer au HCR Genèvre un nouveau budget 2005 sur 3 mois... Et hop encore du boulot pour nous...
Une chose est sûre : le HCR Angola souhaite nous remplacer par une autre ONG à la fin mars... Peut-être une ONG africaine...
Pouf pouf pouf!! Je pouffe gras, pourtant je n'ai rien contre une ONG gérée par des africains, seulement on voit avec AHA (African Humanitarian Association) comment ça marche sur le terrain : copinage, inefficacité, financièrement pas clair... Un mode de fonctionnement sur le modèle des états d'Afrique de l'ouest...corrompu ! Plus sérieusement, nous avons fini par apprendre (toujours pas des moyens détournés, jamais de la bouche du HCR) que ce serait sûrement une ONG allemande qui nous remplacerait fin mars. GTZ avait proposé au HCR pour 2005 un budget deux fois plus cher que le notre pour les mêmes activités, ce qui nous plaçait vainqueur... Seulement nous avons aussi après que le Gouvernement de Berlin donnait beaucoup d'argent au HCR pour ces programmes de rapatriements en Angola, et donc ça serait bien qu'une ONG allemande, même plus chère, fasse partie des partenaires du HCR...
Notre ONG avait le choix entre 3 solutions : claquer la porte et quitter l'Angola, et protestant auprès du HCR que nous n'avions pas à supporter cela et nous faire traiter comme des chiens ; soit rester 3 mois de plus pour l'argent et pour fermer correctement l'activité ; ou enfin fermer les yeux et attendre ces 3 mois en se disant que de toute façon le HCR ne pouvant faire les rapatriements sans nous, ils seraient obligés de nous proroger... Nous avons choisi la seconde solution : ramasser ce qu'il y avait a ramasser dans l'écuelle...
A l'heure actuelle, l'activité a reprise à Maquela do Zombo, mais de façon réduite. Nous ne connaissons pas le budget, et donc n'avons aucune visibilité sur les dépenses possibles. Donc nous ne dépensons rien ! Les personnels sont à leur poste, mais sans contrat de travail, car nous ne savons pas si nous pourrons les payer fin janvier (avec quel argent?). D'ailleurs, nous ne savons même pas de quel volume de personnel nous aurions besoin, car nous ne connaissons toujours pas nos obligations d'activités pour ces 3 mois... Sur RFI, j'ai entendu dire que l'ONU et ses instances cherchaient à se réformer... Oui, il serait temps pour l'ONU et ses divisions de commencer à travailler autrement, professionnellement et dans le respect des autres...
…à suivre…
Olive
19:00 Publié dans Extraits de Missions... Afrique , Extraits de Missions... Angola | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Solidarité Internationale et Locale
19/02/2005
Mission Africaine en Angola 13/21
6 décembre 2004
Le fric dans l'Humanitaire.
Les dépenses d'argent phénoménales, et qui ne vont pas aux bénéficiaires.
Je gère un petit budget de 150.000 euros... Sur ce budget, 40% sont bouffés par 2 expatriés : frais d'avion, de visa (super cher), salaire (
Pour le reste, 19% du budget pour des pièces détachées achetées en Europe ou au Japon, 4% pour le carburant acheté à des sociétés angolano-américaines exploitant le pétrole Angolais...
Et encore 8% pour les matériaux informatiques qui ne vient sûrement pas d'Afrique.
Que reste-t-il pour les bénéficiaires ?
Notre travail, nos efforts, nos pensées humanitaires... mais nous sommes moyennement efficaces du fait de la mauvaise organisation. Pourquoi s'emmerder à ouvrir des routes (j'ai pas dit les construire, ni les réhabiliter, seulement les ouvrir), envoyer un flotte de camions qui vont se casser sur des routes mauvaises, faire faire 2 jours de routes voir plus à des réfugiés fatigués et affaiblis, lorsque l'on peut faire la même chose pour le même prix avec un pont aérien ? Quels sont les véritables enjeux derrière ?
A qui profite tout ceci ?
Il y a trop d'argent dans l'humanitaire, trop de mauvais argent, mal utilisé, et pas là où il devrait. Lorsque j'ai quitté la France, un prof de ma formation m'avait averti : "tu vas te frotter à des gens qui gagnent entre 5.000$ et 15.000$ par mois"... On peut comprendre que les personnels de l'ONU et du HCR s'attachent si fort à leur fauteuil, et cherchent par tous les moyens à monter plus haut, en écrasant (au mieux en dénigrant) les autres. Et comment monter ? Et bien en montrant qu'on en veut, en obtenant des résultats, gagner à tout prix en faisant appels à la sous-traitance (petites ONG), et en les traitant comme de la merde...
L'ONU est trop payé..., c'est écœurant vu le niveau de vie des pays où ils séjournent...
En tant que volontaire logé, je m'attendais à un Per-Diem de 200$/mois (couvrant la nourriture et l'argent de poche). En fait nous avons reçu 500$/mois, mais cela s'explique aussi pas un coût de la vie très cher (Luanda est plus chère que Paris !). Et pour comparaison, le HCR Sub-Project Officer (responsable des programmes HCR sur les provinces du Nord) touche 150$/jour en plus de son salaire ONUsien...
Je doute qu'il ait la possibilité de les dépenser ici. 150$, c'est ce que gagne un gardien ici à Maquela par mois.
La cuisinière, elle ne gagne que 110$... J'applique les barèmes du HCR pour les personnels local, qui sont bien sûr équitable et "gentler" selon leur politique.
Autre chose : un simple chauffeur du HCR touche 80$/jour d'indemnité de déplacement lorsqu'ils dorment dehors... quand nous nous avons du mal à donner 5 à 10$ par nuit à nos chauffeurs lorsqu'ils dorment sur la route (=dans leur camion).
A titre d'info, l'hôtel le plus minable à Luanda coûte 25$/nuit (sans WC ni douche).
Je bave sur le HCR, mais mon collègue m'en a aussi appris des belles sur notre ONG.
Le forfait expatrié est de 4.000$/mois : pour moi c'est un chiffre commun que je connaissais depuis la formation, un chiffre qui reflète la moyenne des dépenses mensuelles liées à un expatrié sur le terrain (barème MSF) - indemnité, Per-Diem (bouffe + argent poche), logement, billet avion, visa, santé, assurance, etc.
Sur le budget HCR, il y a donc 4.000$ par expatriés et par mois... normal non !! NON, 40% du budget, ce n'est pas normal!!
Et puis il faut aussi voir qu'il y a des lignes de budgets séparées pour la location de la maison, que la cuisinière est payée sur un budget à part, etc. En comparaison de nos conditions de vie (pas d'eau courante, pas de pompe à eau, pas d'électricité permanente, aucun équipement de distraction - radio, TV, HiFi, DVD...), on se demande où passent les 4.000$.
Nous avons calculé qu'avec nos Per-Diem, indemnités, assurance, billets d'avion, nous ne coûtions pas plus de 2.000$ par mois, soit 50% de ce que notre ONG encaisse sur notre dos!!
A quoi sert cet argent ? Et bien à financer grassement le siège à Lyon (qui est une association), et ces 10 employés (pour 17 expats sur le terrain).
Étonnant lorsque l'on sait aussi que notre ONG touche 6% du budget total pour ses frais de gestion.
Pire encore !! Et là c'est un expat journaliste qui a mis le doigt dessus : toutes les pièces détachées auto que nous achetons en Europe/Japon le sont via une centrale d'achat, qui n'est en faite qu'un prête-nom pour notre ONG. L'ensemble des commandes est majoré de 5% pour fait de gestion, alors qu'il n'y a aucun service ajouté, et que c'est le personnel de notre ONG qui gère les commandes. Bref 5% de plus pour le siège sur un budget pièce de 70.000$/an !!
Si cela ne s'appelle pas de la fausse facturation et du détournement de fonds ?? Normal dans ce cas que le HCR Sub-Project Officer nous appelle "les mafieux"!!
Que dois-je faire alors ? Vivre avec, être complice ? Ou dénoncer, démissionner, porter l'affaire sur la place publique?
…à suivre…
Olive
19:00 Publié dans Extraits de Missions... Afrique ,


















